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Cela parait résulter du silence des auteurs

ans plus tard (en 12 av. .T.-C), on eut à refaire ou à compléter le recensement. Auguste le confia au plus grand personnage de l'Empire, son beau-fils Drusus. Les choses se passèrent moins bien cette fois. Il y eut chez les Celtes des colères et des grondements. Mais nul ne se risqua dans un acte de rébellion' : ce que les contemporains célébrèrent comme une victoire, le dernier terme de la conquête des Gaules par le peuple romain-.

Une chose encore, sous Auguste, rappelait aux Gaulois le

souvenir et la honte de cette conquête : c'était que le fils de

I César maintenait soigneusement la distance entre vainqueurs

; et vaincus, citoyens romains et sujets étrangers \ Observateur

j prudent des rites politiques, féru lui-même d'archaïsmes et de

préjugés*, il n'eut garde de traiter Rome et ses traditions avec

cette désinvolture qui avait rendu César si prodigue du droit

de cité". Auguste le refusait à tous''; et, un jour que sa femme

Livie le lui demandait pour un Gaulois, il réconduisit avec

fermeté '. La bourgeoisie romaine reprit les habitudes de

l'ancien patriciat : elle se replia dans sa ville et la ferma aux

vaincus, qui, depuis les jours de César, se pressaient à ses

portes ^ Et les Celtes ne trouvèrent plus devant eux qu'une cité

close et un maître étranger.

1. T.-L., Ep., 137; discours de Claude. C. I. L., XllI. 1G6S; cf. Dion, LIV, 32, 1. — Recensement conné h G:?rmanicu3 en l'an 11 ap. J.-G. ; Tac, Ann., I, 31 et 33.

2. Discours de Claude, fin du frag-ment. Cf. Maniiius, IV, G92-3 : Stup'facta Gallia pcr census.

3. Il voulait siitceriiin ab oinni colluvioii':. perctjrinl ac servilis saïKjainis incorriipluin servare populuin: Suét.. 40, 3,

C. Civitales Bomanai parcissiinc dédit, Suét.. ib.; cf. n. 7. Toutefois, à [ji-opos du séjour d'Auguste en Gaule en l'an 1.5-13, Dion si.snale qu'il donna et ùta la cité et la liberté aux uns ou aux autres (LIV, 23, 1) : il y eut sans doute alors une révision des titres de cités et des listes de citoyens, prélude du recensement de l'an 12. Et il s'agit peut-être d'indigènes faits colons (p. 77).

7. Suét., ib. : il préféra (car c'était un GaUiis tributarius) lui offrir l'immunité fiscale, rien ne lui étant plus désagréable quani civUalis Roininœ vtdgari lionorcni.

8. Les seuls progrès que nous trouvions dans ce sens sont les suivants. — La possession du jus Laid, alors, me parait certaine pour toutes les métropoles de

Mais ce pouvoir exorbitant des maîtres, Auguste et Agrippa le consacraient, non pas à leurs fantaisies personnelles ou aux caprices du peuple romain, mais au profit de la province ellemême. La (laule, en échange de sa liberté et de ses traditions, reçut un bien-être quelle n'avait jamais connu'.

Ce n'est pas qu'elle fût exempte de grosses charges. Le tribut auquel César avait taxé la Nouvelle Gaule, quarante millions de sesterces-, était ridicule pour ce grand pays, plus riche et plus peuplé que l'Egypte ^ qui en avait pavé deux à trois cent millions*. Auguste le doubla sans doute, et peut-être fit-il plus encore, afin de le mettre en harmonie avec les ressources de cette terre et les besoins de tout l'Empire'. Il introduisit ou

cités et beaucoup de vici de la Narbonnaise (Pline, III, 32-37; sauf Marseille) : rien ne prouve que l'octroi de ce droit ne date pas de César, du sénat ou des triumvirs (p. 37. n. 2, p. 77, a. 1, p. 245, n. 2). — La possession de ce droit est également prouvée en ce temps pour les cités d'Auch et du Comminges. entre autres de TAquitaine (Slrabon. IV. 2. 2) : même remarque. — Quant aux colonies romaines envoyées ensuite dans ces mêmes cités latines de la Narbonnaise (p. 77-8), rien ne prouve que, de ce fait, tous les habitants aient regu la bourgeoisie. CL p. 336. n. o, p. 245, n. 2. — Pline (III. 135) attribue le droit latin aux cités des Alpes Cottiennes. aux Centrons de la Tarentaise (chef-lieu. Forum Claudii Axima), a Octodurus dans le Valais {Forum Claudii également, chef-lieu des Varagri), et à des cités de Ligures monlani et capillati des Alpes Maritimes (peut-être Digne et celles des cités du pays qui ne sont pas mentionnées sur le Trophée; cf. p. 60. n. 1, p. 176. n. 1). Cela peut venir d"Augustc, qui aura récompensé ces peuples de n'avoir point pris part aux guerres contre Rome [cf- Suétone, Aiig., 47). Mais cela peut aussi venir de Claude ou, à la rigueur, de Néron, qui s'occupèrent d'assez près des Alpes (p 174, n. 1, p. 176, n. 1). — Dans un sens différent, on a attribué à Auguste toutes ces distributions du ju5 Latii en Gaule (tlirschfeld, Festschrift... des Arcfi. Insliluls, 1879, p. 9; cL ici, p. 243, n. 2). — 11 est fort possible que les Santons aient eu le Laiium dès Auguste (p. 240, n. 6).

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