Cela, évidemment, va de soi
y. Cf. p. 284 et s.
10. II y a à Lyon un atelier dès le temps de Plancus (p. i3. n. I). Strabon, IV. 3. 2; C. /. L., Xlll. 1499 (ici, p. 65, n. 6). — Cf. p. 284, n. I.
des relations plus fréquentes et plus longues. Une des choses qui nous frappent, dans la Gaule d'Auguste, c'est le nombre des lieux de foire ou de marché qui se montrent alors de tous les côtés. Les uns se transformeront très vite en petites capitales, comme Angers chez les Andécaves', Beauvais chez les Bellovaques -, Feurs chez les Ségusiaves du Forez'. Les autres demeureront bourgades rustiques, tout en prenant fièrement un des noms de la maison impériale, et se disant « marché de Germanicus » ou « marché de Jules » *. Qu'il s'agît d'humbles marchés, de villes neuves ou de colonies superbes % les noms des maîtres s'attachaient au sol de la Gaule, pour y perpétuer le souvenir des bienfaits du nouveau régime ^
Si chaque année effaçait de ces terres une tradition de la vie nationale, elle leur apportait une source nouvelle de profits. Et comme, après tout, il y avait encore, pour les surveiller de loin
1. Juliomagiis = « forum Julii », Angers : Ptol.. II. 8. 8; TaMe de Peutinger; Comni. notarwn Tironianarum. t. 87. 29. — Dans le même sens de « marché de Jules >•?, Juliobona, Lillebonne, chez les Calétes : Ptol., Il, 8, 5; Itin. Ant., p. 382 et 385. W. ; Table de Peutinger. — Cf. Forum Julii, Fréjus, ici, p. 33.
2. Cœsaromagus = « forum Cœsaris », Beauvais : Ptol.. II, 9, 4; Itin. Ant., p. 380 et 384, \V.; Table de Peutinger. — Augustomagus, Senlis. chez les Siivanectes : Itin. Ant.. p. 380. W.; Table de Peutinger. — Dans le même sens?, Augustobona, Troyes. chez les Tricasses : Itin. Ant.. p. 383, W.; Ptol.. II, 8, 10; Table de Peutinger.
3. Forum Segusiavorum : Ptol.. II, 8, 11; Table de Peutinger. — Forum Ncronis, Carpentras : p. 78. n. 3. — Forum Ncronis, Lodève : p. 77, n. 3. — Drusomagus, sans doute Sien, métropole des Seduni dans le Valais : Ptol., II, 12, 3; cf. C. I. L., XII, p. 22. — Du temps de Claude doivent être les Forum Claudii des Alpes (p. 81. n. 8).
4. Gcrmanicomagus : Table de Peutinger (où il faut corriger S en G) : ce sont les ruines du Bois-des-Bouchauds. prés de Saint-Cybardeaux, Charente (cf. Chauvet, Sermariicomagus. Ruiloc. 1902). Gcrmanicomagus, sur la route de Saintes à Limoges et Lyon (p. 84, n. 7), me paraît avoir été. chez les Santons, marché et sanctuaire de frontière, entre les tribus des Santons proprement dits (future cité de Saintes) et les tribus de la future cité d'Angoulème. — Un Juliomagas (Table de Peutinger), au nord du Rhin, Schleitheim prés de Schaffouse, pourrait être postérieur à Auguste. — Ajoutez, sur la voie Aurélienne, entre Fréjus et Ai.x (cf. p. 50, n. 1), Forum Voconii, nommé ainsi, avant 43 av. J.-C, de quelque gouverneur de la Narbonnaise (peut-être Q. Voconius IS'aso, préteur en 64; Willems, Sénat. I, p. 463). — D'une origine semblable, peut-être, Glanum Livi [Libii dans les manuscrits], Saint-Remy en Provence (Pline, 111, 37).
5. Ornatissimn valeniissima colonia, XIll, 1668. 0. Cf. p. 31-33, 75, 77-79.
OU les maîtriser de près, huit légions à la frontière de la Germanie ', vingt colonies au sud des Cévennes-, la flotte de Fréjus, la garnison de Lyon et la police des routes % aidées toutes | maintenant par les grands chemins d'Agrippa% il n'est plus besoin de s'émerveiller à propos du miracle de la paix gauloise" : elle était le sentiment naturel d'êtres et de peuples chez qui les avantages et les craintes du moment sont désormais plus forts qu'un noble attachement au passé.
Qu'on ajoute à ces bénéfices matériels quelques-unes de ces caresses dont le maître actuel est coutumier. On a vu qu'il vint cinq fois dans les Gaules®, et que, lorsqu'il n'y était pas, il s'y fit représenter par un prince de la maison régnante \ Les hommes d'autrefois n'étaient pas plus insensibles que nous à ces séjours de souverains. Cela n'allait pas sans de beaux cortèges, de grandes fêtes, beaucoup d'argent dépensé ^ Auguste et les siens se montraient affables et généreux pour tous, distribuant de riches offrandes aux cités-', déférents à l'endroit des
1. Car il ne faut pas oublier que ces légions étaient, sur le Rhin, pour menacer la Gaule aussi bien que les Germains : Prœcipuum robur Rhenuni juxla, commune in Germanos Gallosqae subsidium: Tac. Ann., IV. 5. Cf. p. 160, p. 109, n. 5.
7. P. 09-70. — Drusus a séjourné à Lyon en 12 (p. 89 et s.): sa femme Antonia, fille du triumvir, y a fait ses couches en 10 av. J.-C., pour y donner naissance au futur empereur Claude, le 1" août, au moment des fêtes de Fautel (Suélone. Cl., 2, 1). — Séjour et mort à Marseille, le 20 août, 2 ap. J.-C, du petit-fils d'Auiruste. Lucius Julius César, se rendant en Espagne (Dion, LV, 10 a. 9; Suét., Aiig., 65, 1 : F lorus, 11, 32 [IV, 12, 42]: Yelléius, II, 102, 3: Prosop.. II. p. 181). — Dans le mémfe ordre d'idées, on peut rappeler qu'Auguste, en l'an 0 ap. ^J.-C, a fi.xé Vienne comme lieu de résidence à Archélaiis, fils d'Hérode, et ce séjour n'allait sans doute pas sans une petite cour (Josèphe, De h. J., 11, 7 [10], 3; Ant. Jud.. XVIl, 13 :io;. 2: Dion, LV, 27, 6; Strabon, XVI, 2, 46).
8. Dion. LIV, 25. 1 ; 32, 1 : cL p. 90 et s. Je crois bien qu'Auguste ou son représentant assistèrent régulièrement aux fêtes de Lyon (cL p. 443, n. 5). — Outre les monuments et images dont nous parlerons plus loin (p. 89, 220, 232-3), remarquez Finscription consacrée à Tibère chez les Nerviens (C. /. L., XIII, 3570), sans doute à Toccasion d'un passage à Bavai entre 4-5 ou 10-11 : cf. per tractum omncni Galliaruni... gralularenlur, en 4 (Velléius, II, 104, 3).