‹ Histoire de la GauleChapitre 109 sur 718 · CONDITION SOCIALE ET GENRE DE VIE · texte numérisé non relu

CONDITION SOCIALE ET GENRE DE VIE

Aussi bien, le cheval, les armes et le combat ne leur étaient pas rigoureusement interdits par les lois civiles et religieuses. Diviciac, le druide éduen, s'est battu et a commandé des cavaliers' : ainsi qu'ont fait tant de pontifes romains, qui, libérés eux aussi de la sortie en campagne, ont préféré une activité glorieuse à une pieuse oisiveté. Un prêtre gaulois pouvait être choisi comme ambassadeur, et vers des pays fort éloignés. De Bibracte, le même Diviciac a accompagné César contre les Helvètes, les Suèves et les Bellovaques, et il a été envoyé par les Eduens jusqu'à Rome pour plaider devant le sénat la cause de la nation- : il n'était donc pas éternellement retenu, tel que les rois et les flamines des sacrifices romains, auprès des autels de ses dieux. A Rome, il s'est présenté chez ces lointains étrangers; il a logé chez Cicéron\ il a reçu audience dans la curie, et a parlé devant les sénateurs, appuyé sur son long bouclier*. C'était en effet un beau parleur, intelligent, habile et brave, très versé dans les affaires de toute la Gaule : il fut un instant (avant 59) l'homme le plus influent de la nation éduenne, et c'est grâce à son appui que Dumnorix, son jeune frère, arriva à la fortune et à la puissance '. Ce druide paraît un prêtre d'étrange sorte, guerrier et politique dans le genre de César grand-pontife et de Cicéron augure.

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