‹ Histoire de la GauleChapitre 122 sur 718 · V. — POUVOIR DES DRUIDES DANS LEUR CITÉ · texte numérisé non relu

V. — POUVOIR DES DRUIDES DANS LEUR CITÉ

L'action des druides, à la différence de celle des amphictyons delphiquos, n'était point limitée aux jours de grand conseil. De leur origine royale et de leur condition sacrée, ils tenaient de conserver en tout temps et en tout lieu l'état et le prestige de leur sacerdoce. Même dans leur cité, ils exerçaient ce rôle de prêtres-magistrats qui était le leur dans l'assemblée carnute.

Ils y avaient d'abord le sacerdoce souverain. Quand, pour cause d'absence ou de vacance, les magistrats ne pouvaient diriger les élections, la présidence en appartenait aux prêtres ; ils étaient, comme on eût dit à Rome, les rois de l'interrègne'. De toute manière, ils devaient se trouver sur le lieu du vote, puisque les comices avaient lieu à un jour. et à un endroit fixés par la religion'. S'ils ne jugaient pas dans la cité même, ils s'y montraient, après le jugement, comme sacrificateurs ^

Leur situation personnelle suffisait da reste à leur assurer le premier rang parmi les hommes de la nation : n'avaient-ils pas la richesse et la naissance*? Ils étaient aussi considérés que les nobles, et sans doute que les plus puissants d'entre eux'. Éducateurs de la jeunesse, ils pouvaient recruter en elle des clientèles morales, plus utiles et plus reconnaissantes que la plèbe des déclassés qui se traînaient à la suite des grands. Un druide savait pousser ses élèves aux plus hauts emplois, et je ne doute pas qu'il ne tirât profit de leur fortune : soutenu par Diviciac, qui le recommanda à César, TEduen Viridoniar, né d une

1. Césnr. VII, 3 1, 4 ; sacerdotes ne peut être que les druides.

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