‹ Histoire de la GauleChapitre 130 sur 718 · PRÊTRES SUBALTERNES · texte numérisé non relu

PRÊTRES SUBALTERNES

directeur des rites. Tandis que les druides étaient des magistratsprêtres à compétence universelle, ces intendants sacrés étaient les serviteurs d'une divinité en un de ses domiciles terrestres. A côté de ces ministres établis pullulaient et vaguaient les prophètes et les devins, prédisant l'avenir, chantant des vers mystérieux, interprètes des vols d'oiseaux, des astres et des entrailles des victimes, cueilleurs de simples et de plantes magiques, vendeurs d'amulettes, et en tout cela, sans doute, agents, espions, officieux ou serviteurs des druides, plèbe ambulante le long des grandes routes et stagnante autour des grands sanctuaires, milice bavarde et insinuante de la prêtrise souveraine. Des prêtres, c'étaient ceux-là surtout, je suppose, que le vulgaire voyait et entendait; c'étaient ces vagabonds du clergé qui prenaient contact avec le peuple pour les affaires religieuses de chaque jour '. On les admirait dans leur costume lorsque, par exemple, vêtus d'une tunique blanche, couronnés de feuilles de chêne, armés d'une faucille dorée, ils s'en allaient couper sur un arbre la branche miraculeuse du gui". Ils faisaient l'étonnement de l'étranger; et, presque toujours, quand

renls des sacerdoU-s igentis), Tite-Live, XXIII, 24, 12; c'est sans doute le guluater, dont le nom s'est conservé à l'époque romaine : C. I. L., XllI, 1577, 2585; Bev. des Et. anc, 1000, p. 410; Beleni œdituus, Ausone, Prof., 11, 24; 5,9. 11 ne serait pas impossible que, sous le nom de Gutuatrus, Gutruatrus, Cotuatus (César, Vil, 3, 1; Vlll, 38, 4), se dissimulât le guluater ou Vantistes du locus consecratus de l'assemblée druidique (VI, 13, lûj : ce qui explique qu'il ait donné le signal de l'insurrection (conjecture de Desjardins, II, p. 511).

1. Ni César ni .Mêla ne parlent de ces prêtres. Mais Strabon les associe (IV, 4, 4 , avec les bardes, à la classe et à l'influence des druides : il les appelle oJatTet;, Upo-o;oi xa'i 9v<7;o).ôyo'., leur attribuant par là les mêmes fonctions qu'aux druides. De même, Timagène (Ammien, XV, 9, 8) en fait surtout des devins et des pbysiciens et les unit aux druides sous le nom de euhages (var. eubages). Ce nom de euhages est-il une corruption du mot latin vates, venu par le grec oJJTct;? ou jdutùt, le oJaTE;; de Strabon ne serait-il pas une corruption d'un nom indigène euhages ou quelque chose d'approchant? le fait que les sources de ces notions sont grecques invite plutôt à la seconde hypothèse. 11 est cependant possible (Doltin, p. 267) qu'Ammien ait transcrit le mot grec î-javEî;, • vénérables •, et que Timagène ait entendu par ce mol la même catégorie de prêtres que les uiavôfiîoi d'autres textes (cf. p. 85, n. 6 . Diodorc (V, 31, 3) dit ndvTETtv. C'est à cette classe que je rapporte les druides de l'Empire : Pline, XVI, 249; X.\I\', 103; X.Vl.X, .■52 et .")3; Tacite, Histoires, IV, 54.

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