‹ Histoire de la GauleChapitre 149 sur 718 · IV. — AUTRES GRANDS DIEUX · texte numérisé non relu

IV. — AUTRES GRANDS DIEUX

Les autres grands dieux dont parlaient les druides étaient moins solidaires de la vie nationale et publique que Teutatès et ses deux parèdres féminines.

irrande divinité féminine appelée par les textes ou les inscriptions tanlùt Minerve iJustin, XLIIF, 5, 6; César. VI, 17, 2; cf. Polybe, 11, -32, 6). tantôt Belîone (C. /. L., XIII, 2872, 5408, .5598, .5070; cf. Ammien, XXVIl, 4, 4), tantôt la Victoire (C. /. L., XIII, 2874; XII, 1339, 1340; etc.; cf. Dion Cassius, LXII, 7, 3). Cf Rev. des Et. arf^., «899, p. 48.

1. On peut hésiter entre Kosmerla, nom de la compagne de Mercure en Belgique {XIII, 4192-5. 4C83-0, 47Û5, 4732, 0222, 6203. 0388, 5677, .5939, 4311, 768S, etc.\ Belisama ou Belesamis \II, p. 162 ; Xill, 8), Andarla {C. I. L., XII, 1554-60), W/ôpiitT,, 'AcpaçTT., '.Avôitr, (Dion, LXII, 6, 2: 7, 3), .\antosuelta (XIll, 4542; et les figures <;hez Reinach, Cultes, I, p. 218) : ces deux derniers noms désignent à coup sûr des déesses de victoire et de combat. Voyez encore deo Mercurio Visucio et sa{n]cle Visucie (XIII, 6384): cf. p. 120. n. 2. Après tout, ces divers noms peuvent avoir été également des qualiflcatifs ou des épithètes de la même déesse. — Il ne serait pas impossible que l'énigmatique Erecura ou Herecura (XIII. 6438, 6439, 6631 a, etc.) ne fut un des noms de la Terre gauloise, encore que son identification avec Juno Reffina ("Hpa x-.pia), adorée à coté d'elle (XIll, 0440, 6441, 6632-40), ne soit bien séduisante (Gaidoz, Rev. arch., 1892, II, p. 198-213).

3. Supposé : 1° d'après le fait que le bis Rater, ancêtre des Gaulois dans celte théoliigie, ne peut designer (ju'un fils ou un époux de la Terre (VI, 18, I); 2° d'après l'analogie offerte par la mythologie germanique : Tuistonem deum. Terra editum, et ftlium Mannum, orijinem gentis conditoresque (Tacite, Germ., 2); 3° de l'importance que prit en Gaule le culte de la Grande Mère des Dieux, qui a dû s'adapter à un culte indigène (XIll, 1751-6; Grégoire de Tours, In ijlorin conj'essoram, 70); 4° de l'existence en Gaule d'une déesse de la Terre interprétée en .Mata (XIll, 1748, 6095; Rev. des Et. une, 1901. p. 99y ou eu Vcsta (XIll, 2940}.

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Taraii, le Jujdlor gaulois, vivait dans los ci«»ux. dont il tenait l'empire' : il faisait d<»nr la lumière et Tair, les nuages, la pluie, les orages et la foudre. — Près de lui. Hélénus représentait la force réchauITantc et bienfaisante du soleil; sa chaleur descendait et se gardait dans les eaux thermales : il était, comme Apollon, un dieu guérisseur-. Une conij)agne, Sirona. l'aidait dans son œuvre : elle produisait sans doute à la fois la douce lumière de lii lune et les eaux salutaires des fontaines'. Et ces deux divinités, chères surtout à ceux qui soulTrent et qui travaillent, partageaient leur énergie entre les deux astres souverains et les sources vives du sol. — A la vie des chevaux, inséparables compagnons de la noblesse gauloise, présidait leur déesse Epona *. — Deux êtres divins liguraii-nt les éléments dcstru» -

1. Le vrai nom parolt être Tnranus. Jovcm impfrium c.rlesliuin Unere, César, VI. 17, 2. Tarants (prn.), Lucain. I, 4ifi. Taranin Jovem, srlwilie de Lucain, l'senor. p. 32. Joi'j Tarantico, C. I. l.., III. 2S04. TapavooA C. /. L., XII. p. 820. Dco Taranucno, C. t. L., XIII, 0001. 0178 : • le Dieu Fils de Tarnn? -. L'itlenlincnlion d.- Tnran ol de Jupiter ne lais>o place ù aucun doute. — lleiiihard. l)e dro Tarantirna. [1700], dans le Thcxannis dissrrtationum de Martinus, III, I, 17(i7, p. 311-18 (insignillanl); r.en|uand, Taranis lithobole, 1881. Avip^non (Mt'm. de t'Acad. de Vaucluse-, le mt^me. Ha', cdt., V, 1881-3, p. ^81 et s., VI. 1883-5, p. 417 el s.; etc.

2. ApoUinem morbos depellcre. César, VI, 17, 3; I'iinr<jyrici Lalini, 7, 21 cl 22 (ApoUo nosUr). I/identité de Bélenus et dWpidlon ne fait aucun dmitc : Auson<\ Prof., 5, 7-14; 11, 23 4. — Sur Relénus, cf. d'Arbois de juliainville. Rev. arcU . 1873, I. p. 197 et s.; Ilim ap. NVissowa, III, c. 190-201 ; etc.

3. D'après les inscr. accouplant ApolUni et Sirotix, XIII, 5124, etc.; Holder, I, c. 1280. On prononçait la première, lettre comme un son inlerim-diaire entre * el / (cf. p. 377). Le caractère lunaire de ce culte est moins certain que son caratlèn* o<|ua(ii|ue. — Je n'hèsile pas à croire que -ona sipnille ■ eau • ou • source •; sirest éj.'alemenl un radical «'appliquant aux cours d'eau (cf. t. I, p. 113, n. 7). — Cil. r.oberl, Sirona, Revue celtique, IV, 1S79-80. p. 133 et s., p. 205 et s.; etc.

4. Les textes anciens qui mentionnent Kpona n'ont jamais di-clare son caractèr»gaulois; les inscriptions qui la concernent ne sont pas loralisi-es en (laule (Holder. I. c. 1447-50^. Mais ce cnrailèrc résulte : 1* de la cficltralion oniiielle de s<tn cullion (^isJilpine (chez les Cénomans?, AT k. Jan. t'poii.r, C. I. l... I. I, 2» éd., p. 2.'t3 . 2° de la niulli|il.cilé de ses slalueUes en (iaule; 3" des cléincnls du nom, radical et désinence, qui sont tout a fait d'apparence celtique (WortschaU, p. 20i; 4' du raraclére public que me parait prendre le culte d'Kponn dans cpriaine? l(H-nli(és gauloises (C. /. L.. Mil. 4030, 5170, 502J. etc.). — S. Iteinacli (Rev. arclt., 1903, II, p. 349) a supposé que Kpona, comme le grec 'IrTroj %^r,fr, (Hippocrénc) a si^rnillé prinnlivenienl • la Source des Chevaux • : on pourrait en conclure que c'est le nom d'une certaine fontaine sacrée de la Canle, dont le culte s»' sera élemlii el qui sera passée au rang de divinité gt^nérale : et cela parait tri's vrnise'uhlab!^, vu le sens de -ona (cf. n. 3). Le cheval a pu tout aussi bien Mro

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teurs : une sorte de Vulcaiii gaulois, dont nous ignorons le nom indigène', génie du feu et de la flamme; et Esus enfin-, le plus grand des dieux après Teutatès et le plus semblable à lui. mais un dieu surtout meurtrier, celui qui inspire les combattants et fait rage dans les batailles ^

Ces dieux-là* avaient ceci de commun quils correspondaient à des forces générales et immuables de la nature. Aussi, je suis tenté de croire qu'ils étaient, pour la plupart, les vestiges d'une religion plus ancienne que celle du dieu national. Le Soleil, la Lune, le Feu et la Terre, sont .les hautes puissances que riiomme est d'abord enclin à adorer, et les ancêtres des Celtes, tout comme des millions d'êtres humains, ont longtemps reconnu leur domination absolue'. C'est tardivement, quand l'homme a créé

associe à une source que le cerf (cf. p. 139, n. 9). — 11 est probable que dans d'assez nombreu.x cas. Épona a fait fonction de déesse locale ou de Déesse-Mère, du moins a l'époque romaine. — Sur Épona, Reinach, licc. arch., 1893, I, p. 103 et s-, p. 309 et s.; iS98, II, p. 187 et s.:l890, II. p. CI et s.; 1902, I, p. 227 et s.: 1903, II, p. 348 et s.: Dangibeaud, Hev. des Et. ann.. I90."î, p. 281 et s.;Keuneap.Wissowa. s. v.

1. Non cité par César; apparaît dans les iiiscr., XIII. 3026, 3I0.5-7, 2940: cf. Florus, I, 20 = 11. 4, 5. il est possible (|ue ce soit un dédoublement d'Êsus ou du .Mars gaulois dont parle César, produit par une interprétation romaine de ce dieu différente de celle de César (cf. XllI, 3020].

2. Martem lella regere. César. VI, 17, 2-4 (avec la rése^^■e de la p. 121, n. 1). Esus, Lucain, 1, 445 var. IIxsus, .-Esus . Esus, C. I. L.. XllI, .3020. Ilesus Mars, scholiede Lucain, L'sener, p. 32. Esum, Laclance, Inst. div., 1, 21, 3 (var. .Esum\ Esugen., C. I. L., XllI, 10U27, i9i.

3. Les rapports et les caractères respectifs de Teutatès et d'Ésus constituent {>eut-6tre le problème le plus ardu de la mythologie gauloise. J'ai dit ce que je < royais le plus vraisemblable. — Il ne serait pas impossible, aussi, que le nom d'Ésus fut a ro.'-igine simplement une epilhèlc du dieu souverain (théorie d'Henri Martin, Éludes, p. 280), que Teutatès et Ésus. en d'autres termes, fussent des formes différentes de ce dieu (de Belloguel. p. 144), et que ces formes n'aient été que plus tard constituées en entités divines distinctes. Si bien qu'à l'époque romaine, lorsque les druides eurent cessé de guider la pensée des fidèles, on a hésité entre les mêmes noms et les mômes ligures pour inlerpréler et représenter Teutatès et Ksus. Si celui-là a pu devenir Mars (p. 121, n. 1), celui-ci a pu aussi devenir .Mercure (L'sener, p. 32), et il a pu ainsi prendre une allure pacifique (s'il est représenté par un bûcheron sur lautel de l'aris, C /. L., XllI. 30'2G). — Et on peut par suite supposer sans invraisemblance, que ce dernier aulel figure les trois plus grands dieux du panthéon gaulois. Ésus-Teulatès. le .Mars j^aulois sous les traits de Vulcain (cf. ici, n. 1), Taran-Jupiter (cf. p. 124, u. 1;. — .Mowat ip. 20 et suiv.) a identifié Ésus avec Sylvain.

4. Il doit y en avoir d'autres, par exem{ile des dieux stellaires correspondant à Castor et Poil ux.Diodore. IV, .'ÎG, l;C./.L., XII, 2S2I, 2520. 299); XIII, 3020, 5409: etc.

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