MONSTRES
la vie de lointains ancêtres. Les faits réels du passé, démesurément grossis, fournissaient sans cesse de nouveaux mythes au présent.
Ces géants de la religion gauloise, formidables ennemis des dieux', rappelaient, je crois, les colosses qui avaient jadis combattu sur le front des armées-. Ces amazones nues, que les monnaies nous montrent échevelées, chevauchant avec leur boucliers et leurs lances ^ sœurs aînées des walkyries germaniques, sont les images, transportées dans un monde divin, des possédées guerrières d'autrefois*.
Nains difformes dansant sur les chevaux \ hommes sauvasses au poil hirsute', prodiges à tète énorme", gnomes-, kobolds, lutins, sylvains, la mythologie celtique ne fut. en pareille matière, ni plus ni moins riche qu'aucune de ses congénères de l'Europe. Elle eut aussi ses chevaux à tète humaine' ou à tète d'oiseau '% ses oiseaux à figure de femme", ses hommes à queue de serpent'-, ses griffons ou dragons ", ses taureaux à trois cornes'* et ses serpents à tète de bélier'", éternelles combinaisons des imaginations primitives'*.
2. Claudius Quadrigarius ap. Auiu-Gelle, IX, 13 Peter, 10 6): cf. t. I, p. 29.5, n. 11.
3. Cab. des Méd.. 67.50-64 (femii;p5 plutôt que cavaliers), pi. xxii.
4. Cf. chez les Bretons, Tacite. Ann., XIV, 30 et 35: chez les Cimbres, Slrabon, Vil. 2, 3.