Cf. p. 139. n
♦G. Cf. p. 31S-9.
ru LA RELIGION.
Xil. — VIVANTS LT MOUTS l>IVINi>r;S
Une dernière cause de créations relij,'ieuses était la crainte on le respect, l'amour ou 1»? souvonir de certains hommes. Et ces sentiments produisaient le culte des morts et l'apothéose des vivants.
Aucun texte, aucun monument ne nous permet d'aflirmerque toutes les familles de la Gaule aient pratiqué la rclii^^ion des MAnes leurs ancêtres. Les tombes étaient-elles des monuments de culte ou de simples lieux de souvenir? Je ne sais'. Les Celtes, à de certaines époques, ont montré un tel mépris de la sépulture et des funérailles-, que l'adoration de toutes les Ames a pu être chez eux une pratique assez tardive, due à riiiiluence des voisinages gréco-romains.
Kii revanche, j'ai peine à croire qu'ils n'aient pas doté d'un titre et d'un culte divins ceux des hommes qui s'élevaient audessus des autres par leur force, leur courage, leur puissance ou leur sagesse. La Gaule, comme la Grèce et Home, a dû avoir ses héros, divinisés après leur mort ou dès leur vivant. Ne céléhrait-elle pas avec enthousiasme ses chefs vainqueurs et conquérants, les glorieux faits d'un Amhigat, d'un Hellovèse et d'un Ségovèse*? Elle n'oublia jamais le souvenir des assaillants du Capitole; les poètes créaient de triomphants ancêtres pour leurs patrons', les guerriers pensaient sans relâche aux louanges de la postérité*; des libérateurs prirent le nom de dieux, et on les crut sur |)arole, on les jugea invincibles et invulnérables'. .Autour (lu cadavre d'un rirhe on amoncelait, pour lui faire