César, VI, 17, 3-5. Cf. t. I, p
1",S LA lŒLIGKlN.
f<»nJ des lacs sacrés ou dans les espaces divins provenaient surtout, je pense, de pilleries militaires'. On égorj^eait comme victimes tous les ennemis, soit dans le combat, soit après la bataille, et les animaux de guerre servaient tux-mômes à des sacriûces-. En 1 <>.•■), les Cimbres et les Teutons écrasèrent près d'Orange une armée romaine : les prisonniers furent pendus, les chevaux précipités dans le Hhône. les vêtements des vaincus déchirés et dispersés : il ne resta rien des êtres et des choses de l'ennemi, c'est-à-dire que tout avait été voué et donné aux dieux; et nombre do Gaulois, sans nul doute, étaient mêlés à ces Barbares et partageaient leur foi et leurs pratiques*.
Dans les temps de paix, les goûts des dieux étaient pareils, mais il devenait plus diflicile de les satisfaire. Ce qu'ils aimaient toujours le plus, c'était la vie humaine. On leur donnait d'abord les condamnés à mort, et c'est peut-être pour cela (jue la pénalité était pres(jue toujours capitale, et que le dernier supplice frappait voleurs et brigan«ls*. .Mais ;\ défaut de coupables, qun la divinité préférait d'ailleurs, on recdurail à des viilimes innocentes'. Quand un homme tnmiMil inalade ou courait un danger, c'était que les dieux voulaient sa vie ; pour le sauver, on leur offrait une autre vie en érliange**. En cj's de péril public, la «ib' faisait [)rocéder il des immolations semblables, et, celte fois, il fallait que les victimes fissent nombre'. I)ésirait-<ui de bonnes récoltes, on devait oITrir aux dieux une part plus grande encore*. D'énormes holocaustes tl'êtres humains leur étaient pré.sentés à des dates fixes'. I']t les druides servaient toujours dintermédiaires dans ce Iralic sanglant entre le dévot et son maître, entre le vœu
i. Slrahun, IV, 1, 13; César, VI. 17.3-5; Justin. XXXIl. 3. O-IO; Suélonc, ««or, 5 1