‹ Histoire de la GauleChapitre 2 sur 718 · I. — DU NOMBRE DES HABITANTS DE LA GAULE · texte numérisé non relu

I. — DU NOMBRE DES HABITANTS DE LA GAULE

Au second siècle avant notre ère, la Gaule passait pour un des pays les plus peuplés du monde. Les citoyens des villes

1. Pour ce volume, les livres cités 1. 1, p. 4, n. 1, p. 333, n. 1, et, en outre ou en particulier : Ramus [P. de La Raméej, De moribus veterum Gallorum, 1562 (trad. franc, de Michel de Castclnau, 1559); Merula, Cosmogrophiœ generalis LUI, 1605» p. 401 et s.; de Lestang, Histoire des Gaulois, Bordeaux, 1018, p. 28 et s..; Cluverius [Cluvier], Germania anliqua, 1631, liv. I et II; Gosselin, Historia Gallorum, veterum, 1035; [Dordelu du Fays], Observations historiques sur la nation gauloise, 1746; PelloKtier, Hist. des Celtes, éd. de Chiniac, 1770-1, 8 vol.; Picot, Hist. des Gaulois, Genève, III, 1804; Berlier, Précis historique de l'ancienne Gaule, Bruxelles, 1822, p. 211 et s.; Serpette de Marincourt, //is/oire de la Gaule, III, 1822, p. 312 et s.; Moniniscn, Rœmische Geschichte, 111, p. 227-241; Duruy, Hist. des Romains, éd. illustrée, 111, p. 131-142; Georfiewski, Gally v' epocfiu... Cesaria, Moscou, 1803; Scherrer, Die Gallier und ihre Verfassung, Heidelborp-, 1865; Valcntin-smith, De VOrigine des peuples de la Gaule Transalpine, etc., 1800; [Napoléon III], Hist. de Jules César, II, 1866, p. 13-39; Rofet de Belloguet, Ethnogcnie gauloise, III {Le Génie gaulois), 1868; Pautet, Civilis. des Gaulois au temps de César, Séances et Trav. de l'Ac. des Se. morales, 1868, 1 = LXXXlll, p. 275 et s. ; Labarre, GalUsche Zustcinde zu Cœsars Zeit, Neu-Ruppin, 1870; Bussmann, Quœnam fuerit rerum publicarum forma apud Gallos, Gœttingue, 1873 (thèse de Rostock); Dictionnaire archéologique de la Gaidc, 1, 1875, A-G ; II, l" f., 1878, H-L; Schayes, La Belgique, etc., 2" éd., I, 1877; Desjardins, II; Bulliot et Roidot, La Cité gauloise, 1879; Fustel de Coulanges, Hist. des Institutions politiques de l'ancienne France, I, La Gaule romaine, 1891, p. 1-44 (1" éd., 1875; 2" éd., 1877); Bonnemère, Voyage à travers les Gaules 58 ans av. J.-C, 1879 roman historique); Petitcolin, Les Gaulois et leurs instilalions, 1884; Rice Holmes, Oxsar's Conquest of Gaul, Londres, 1899, p. 2i5 et s.; d'Arbois de Jubainville : 1° La civilisation des Celtes, elc. {Cours de lilt. celtique, VI), 1899; 2* Recherches sur l'origine de la propriété foncière et des noms de lieux habités en France, 189»; Bloch, p. 28-75; Dottin, .Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique, 1900.

2. R. Wallace, Essai sur la différence du nombre des hommes dans les ttmps unci'&n*

grecques disaient alors de leurs patries qu'elles se mouraient fante d'hommes', et ils pensaient en même temps des tribus gauloises qu'elles souiïraient d'un excès de multitude*.

Une telle opinion ne venait sans doute pas de l'exacte connaissance du pays. Elle était le résultat de la façon dont les Celles et les Galates se présentèrent au monde gréco-romain, et de la peur qu'ils lui inspirèrent. Depuis '.VM) jusqu'en 207, presque chaque année, les habitants du Midi apprenaient que des bandes auxquelles on (hinnait ces noms avaient franchi les Alpes ou rilémus, et qu'elles descendaient vers eux*. Les Gaulois étaient les ennemis qui rovicimont sans trêve, et qui ne laissent aucun répit à l'inquiétude. Kl ils se montraient, non pas en bataillons de mules armés, mais en nations qui émigrent, avec des femmes, des enfants, des vieillards, des troupeaux et des chariots*. La surprise et la crainte troublèrent les calculs chez les Mériiiionaux; leur imagination fit le reste, et ils crurent que dans la terre d'où ces hommes venaient, familles et tribus étaient inépuisables. Ce qui est l'impression ordinaire que les invasions laissent à leurs victiints.

A ces vagues hyperboles les érudits modernes ont substitué des tableaux et des statistiques : s'aidant des chiffres d'eiïeclifs militaires conservés dans les récits anciens, ils ont évalué en nombres la population de la Gaule; et ils l'ont fixée fort bas, bien au-dessous de ce qu'elle est maintenant et de ce qu'elle a

rt modernes, trad. de Joncourt, Londres, 1754; Hume, Essai sur la population des nations anciennes (paru en 1753, réponse à Wallaie), tr. fr., collection Guillaumin, 1847, p. 152-7; .Moroau de Jonnès, Statistique def peii/iles de l'Antiquité, 11, 18.M, p. 5115 61»; Valrnlin-Smith, p. 34-40; .'^cliayes, 2* rd., I, p. 324 et s.; I.ev.n La Population française, 1, 1S89. p. 99-102; Helorh. Die Pevijlkerung der grir, racmischen W'elt, 1880, p. 448 ri siiiv ; le m<^inr, Itheiniaehes Muséum, LIV, !-'.■. p. 414 el suiv.; Mollière, liccherches sur l'évaluation de la population des GauUs, 1892 (Académie de Lyon); Gorofalo, lievue celtique, XXll. 1901, p. 227-23fi.

1. 'Aïtaiîia «ai (jj"/Ar,."Sr,v o/iYavOpwTjia, Polvlio, XXXVII, 4, 4.

2. 'AvSpfov T:)f.6o;, Pol., II, 35. 8; cf. 111. il. G: z)t,6oj;. SlralM)n. IV. 4. 2; T:o)vavO?.u:î!a. IV, 1, 2; 4, 3; 1, 13; JuMin, XXIV, 4, 1; Osar, III, 20, 1; M, 24. 1; Tite Live, V, 34, 2; Pausanins, 1,0, 5; cf. 1. 1. p. 283.

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