COMBATIVITÉ DES GAULOIS. 1 R
cité ne fussent convoquées contre une cité voisine' : chaque printemps ramenait les prises d'armes et les assemblées de combattants, et la guerre se réveillait comme la nature entière. L'élection à une magistrature ^ la vacance d'un titre de roi ^ le jugement d'un coupable puissant*, pouvaient être, dans une "ité même, l'occasion de vraies batailles. Quand Hannibal arriva chez les Allobroges, la royauté y était disputée par deux frères, et ils étaient campés en face l'un de l'autre, chacun avec son armée ^ Ce détail est le premier que l'Antiquité nous ait transmis sur la vie intérieure des peuplades gauloises : cette terre sera longtemps celle de frères ennemis ^
La cause principale de cette extrême combativité était le caractère celtique. Jamais, disaient les écrivains du monde classique, on n'avait vu de plus incorrigibles batailleurs, de plus obstinés combattants à meurtre et à mort". De même qu'ils n'avaient nul souci de leur propre vie, ils se riaient de la vie des autres. Quand ce n'étaient pas guerres publiques, c'étaient combats singuliers-. Un festin, heure de réunion pour l'amitié, se terminait parfois par l'entr'égorgement de ceux qui s'étaient enivrés ensemble •". Tout était prétexte à batteries et à tueries : l'ivresse, la colère, l'amour-propre, la victoire et la défaite, la jalousie, le droit et le hasard, la justice et le culte '^ Deux prêtres qui briguaient le sacerdoce suprême, deux convives qui convoitaient un morceau de choix, marchaient l'un contre
1. Tacite, Hist., IV, 73-74; Strabon, lY, 1, o; IV, 4, 2; César, VI, 15, i (/f/r... quotannis); III, 8, 3; 10, 3; 19, 6.