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CHARS DE GUERRE, CAVALERIE, INFANTERIE

et demeuré dans la Rome des consuls'. Chez les Belges, au contraire, plus récemment formés, plus éloignés des armées civilisées, il fut plus longtemps l'équipage habituel du combattant, et il y eut des peuples parmi eux, les Rèmes, je crois, qui y tenaient comme à l'attribut distinctif de leur nom -. Mais dans la prefmière moitié du dernier siècle, le char fut supprimé presque partout pour les combats, et César ne le trouvera contre lui que chez les Bretons de la grande île voisine, les derniersnés du monde gaulois, les plus fidèles aux antiques habitudes*. — Ce n'était pas d'ailleurs une mauvaise façon de combattre : les chars, à deux roues % portaient un conducteur et un soldat'. Fort légers, ils arrivaient sur l'ennemi très rapidement : debout, ayant l'avantage de la hauteur, assez près pour ne pas manquer le but, le combattant lançait sa pique ou son javelot, puis s'éloignait en toute hâte, ou, s'il le préférait, descendait pour se servir de l'épée'"'. Une telle manœuvre exigeait de l'adresse et du sang-froid, la mobilité du cheval et la solidité du fantassin; elle apportait le double avantage d'une infanterie montée et d'une école de tirailleurs; et, ce qui importait fort dans une guerre

1. Cf. Helbig-, Sur les attributs des Saliens. 190o {Mcm. de l'Acad. cicslnscr., XXXVII, II' p., p. 04 et s.); le même, Mélanges Perrol, l'Mi, p. 107 et s.

2. I.ucain (1, 420) cite le char de guerre (covinnus) comme propre à une nation qu'il appelle spécialement • belge • : je j^ongeaux Rèmes, chez lesquels abondent les sé[iiilluies àcliars (Itcinacli, C'a/o/ogu*', Vil, 3, 5, p. 174-175); mons/ra<( me semble à conserver: Lucain veut dire que le covinnus est, selon lui, d'importation étrangère, bretonne Si Cé.-ar n'eut [las à le combattre, c'est que les Rèmes furent ses alliés i.onslants, et d'ailleurs n'oublions pas ([ue César ne parle prescjuc jamais des armes indigènes (cf. p. 209, n. 4). 11 a pu être répandu aussi chez les Suessions, proches parents des Itèmes, et chez les Lingons. Chez les Turons?(Cab. des Méd., 0992-95, peut-être imitation de denier). On a trouvé des chars de guerre ou de parade à peu près partout dans les tombes, mais surtf ut celles du Nord-Est, et je crois fermement <jue toutes ces sépultures sont postérieures à 300 et contemporaines de la civilisialion belge (cf. p. 171, n. 2;. Mazard, A'ssai. sur les chars (jaulois de la Marne, Rev.arch., 1877, 1; et, en dernier lieu, Hubert, Congri-s intcrnalional d'Anlliroiiologie, Xll, Paris, 1900, p. 4IU-7; une nou^'^lle monographie de la question est à écrire; cf. p. 326.

:). César, IV, 24, I ; cf. p. 114-0 et 44.

4. J(! doul<! <|ue les chars à quatre roues, trouvés dans les fouilles, soient des thars (le guerre.

T). liabelon, llg. 10-19 (chars bretons); Diodore, V, 29, 1; César, IV, 33, 1-2; Mazard. p. iOI, 22."> i;t s.

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