ENSEIGNES ET ANIMAUX DE GUERRE
sur ce faisceau solennel que les chefs juraient leur accord pour la guerre commune'. Ces enseignes semblaient à la fois l'âme collective des armées et l'esprit divin qui les conduisait. Un chef les brandissait lui-même -. On les figurait sur les monnaies conduisant le cheval des batailles^ et lui montrant sa route.
Le plus souvent, une enseigne représentait un sanglier debout, en métal*. Le sanglier était l'hôte principal des forêts, l'ennemi traditionnel de l'homme et du cheval dans ces jours de chasse qui étaient l'image des jours de guerre '. En le figurant par l'enseigne, on le mêlait à la marche et au combat; on le transformait, d'adversaire du peuple au repos, en protecteur du peuple au combat; il communiquait sa force et sa puissance à ceux qui se groupaient autour de lui ; une mystérieuse communion s'opérait entre l'homme et la bête, rivaux jadis, fédérés maintenant".
Ce désir d' appliquer aux luttes humaines la vigueur propre des animaux se marquait de plusieurs autres manières. La trompette de guerre, ou carnyx', se composait d'un long tube, terminé par un pavillon en forme de bête monstrueuse, et de sa gueule ouverte sortaient des sons stridents \ On a vu que des figures semblables ornaient les boucliers ou surmontaient les casques". Enfin, les chefs se faisaient accompagner sur le champ de bataille parleurs meutes de chiens, bêtes formidables, dressées à la chasse à l'homme '". Et quand, pendant le combat, reten-