VI.— ASSEMBLÉES ET CHEFS MILITAIRES
L'état de guerre amenait dans la vie politique de la cité les mêmes effets que dans sa vie religieuse. Il était un ferment d'archaïsmes : le peuple en armes recouvrait quelques-unes de ses plus lointaines institutions. La guerre ressuscitait son passé.
Le commandement militaire confié en principe à un chef différent du magistrat, ce chef choisi sans doute parmi les guerriers les plus braves ou les plus influents des tribus associées, l'assemblée entière des citoyens armés prenant part à l'élection de son « conducteur de guerre », mais celui-ci constamment obligé de chercher ensuite l'avis de ceux qu'il commande : — c'était une démocratie tumultuaire qui remplaçait le gouvernement normal par le sénat et les princes de la cité -.
De l'organisation militaire d'une peuplade, nous savons fort peu de chose. Sous ses ordres, le commandant en chef avait un ou plusieurs maîtres de la cavalerie, un ou plusieurs maîtres de l'infanterie, des capitaines de places fortes ^ Les hommes étaient groupés par tribus S peut-être aussi par villages, chaque groupe précédé de ses chefs distincts, « princes » ou « sénateurs » \
En cas de guerre entreprise par plusieurs nations confédérées, riiabitude était également que le commandement supérieur fût confié à un seul homme, élu, lui aussi, par le plus grand nombre'. Le partage de l'autorité entre deux^ ou quatre ■* chefs a été l'exception. On demeurait attaché, comme à un principe religieux, à l'unité de la souveraineté militaire : il ne paraissait pas bon que plusieurs dirigeassent une même société de peuples