QUESTIONS ECONOMIQUES DANS LA VIE GAULOISE
métiers de la paix à rœuvre des batailles, les assemblées de marchands dans les foires aux levées de citoyens en armes ' : et on se demande alors si l'état de lutte était assez continu pour empêcher les Gaulois de trafiquer, et si vraiment les temps de trêves n'étaient pas assez longs pour que de fructueuses relations s'établissent entre les peuples.
Des causes qui produisent ces rapports pacifiques, la principale est la grande route : elle invite, elle force les nations à se connaître et à s'entendre. Par le fait même que la Gaule jouissait d'un ingénieux réseau de larges et longues voies naturelles, appels de curiosités et de concordes, tous ses peuples avaient des raisons et des occasions constantes de se rapprocher. Dans un édifice aussi harmonieux, aux compartiments si intelligemment ouverts les uns sur les autres, un revêche isolement ne pouvait être de longue durée*. La peuplade qui possédait le cours moyen d'un fleuve, comme les Sénons celui de l'Yonne et de la Seine, avait intérêt à maintenir la paix en aval et en amont afin d'écouler ses marchandises, et pour que le fleuve ne fût pas un chemin à la marche inutile : et les Sénons s'allièrent avec les Parisiens du bas pays et avec les Eduens des hautes terres'. Les rivages de l'Armorique et de la Normandie forment une même route maritime, longue et sinueuse, qui se continue sans lacune, d'Ile en île et de port à port, depuis les sables de la Vendée jusqu'aux falaises du pays de Caux : et le long de cette route se sont confédérées toutes les cités qui en étaient riveraines*. Fleuves, rivages et grands chemins, après avoir déterminé les tribus à se grouper en peuplades*, enchaînèrent les peuplades à de communes destinées.