IV. VOYAGES, VOYAGEURS ET MARCHANDS
De ces grandes routes, par malheur, nous ne connaissons, si je peux dire, que l'extérieur : leur vie, c'est-à-dire la manière dont se faisaient les voyages, les transports et les trafics, nous échappe à peu près complètement.
J'ai déjà dit qu'on savait aller très vite*. On peut présumer que la vitesse commerciale y variait entre 40 et 70 kilomètres par journée entière. De Port-Vendres aux ports du fond du golfe de Gascogne, on comptait sept jours de marche^ pour 500 kilomètres au moins, soit 70 par vingt-quatre heures. Le transport par terre de l'étain, depuis les bords de la Manche jusqu'à l'embouchure du Rhône, nécessitait environ trente jours'' : il faut compter entre Boulogne et la ville grecque 1000 à 1100 kilomètres; cela faisait huit à neuf lieues seulement par jour; mais les traversées des grands fleuves ou les passages des montagnes entraînaient bien des lenteurs et des précautions nombreuses. De toutes manières, c'étaient de jolies vitesses, et qui suppo-
2. l'pul-cire Parlh<^nius, 8, Erippe; ici, p. 239, n. 2; on retrouvera, ù r('i)o<iue roiiuiiiie, marchés cl sanctuaires de fronliùres.