VI.— DES NOMS DE PEUPLADES
Toutes ces peuplades avaient leur nom, auquel elles tenaient fort', et qui, comme on vient de le voir, s'est souvent perpétué dans le nom de nos provinces et de leurs habitants.
i. De la Gironde à la Dronne. C'est en réalité le prolongement de la Double vers l'ouest.
2. Documents publiés par Mavidal et Laurent, Archives parlementaires, en particulier IX, p. 654 et s., X, p. 119 et s. Voyez chez Longnon, pi. 1, sur combien de points les frontières des anciennes cités correspondent à des limites administratives actuelles; cf. C. I. L., XIII, 4143; Mélanges Julien Navet, p. 305-7; ici, p. 31, n. 2; voyez aussi les remarques de Jadart, Bulletin de gcogr. adinin., 11)01, p. 170-4.
3. Cela résulte très nettement de ranti(|uité et de la persistance de ces noms; cf. Titr-Live, V, 34, 1 et 5; César, 1, 13, 3 et 4; 14, G.
Si nous connaissions asseï la langue des Gaulois ' pour retrouver IV'lvmologie de ces noms, ils nous fourniraient de précieux renseignements sur l'origine et le caractère primitif de ces nations. Par malheur, notre ignorance presque absolue de celle langue ne nous permet, sur ce point, que des conjectures.
Quelques-uns de ces noms doivent être antérieurs à la fondation de la cité, et désigner la tribu ou le groupe d'hommes qui. imposant sa volonté à des tribus voisines, aura réussi à les unir en peuplade. — Tel fut le cas des cités qui, formées au profit des bandes ou des familles de l'invasion celtique, ont pris l'appellation chère aux conquérants et apportée avec leur victoire et leurs armes. Il faut ranger sans doute dans cette classe les plus anciennes peuplades : Bituriges, Arvcrnes, Lingons, Sénons. Aulerques, Éduens, Carnutes, Boïens, Volques, et autres nations centrales constituées par le premier ban des Gaulois* : et quelques-uns de ces vieux mots sont venus, je crois, de la lointaine patrie des envahisseurs. — Tel fut aussi le cas de certaines fédérations de date postérieure sur lesquelles se fixa le nom de la tribu la plus riche ou la plus forte : des dix tribus celtoligures de la Provence, la plus ancienne et sans doute la plus importante était la tribu ligure des Salyens (Arles?) : elle finit par désigner l'Ktat tout entier*.
D'autres de ces l'thniques furent trouvés, semble-l-il. au moment même de l'organisation de la peuplade : c'étaient dos vocables d'alliance ou de guerre, choisis d'un commun accord par les tribus associées, le signe nouveau de leur existence nouvelle. — Les quatre tribus «lu Périgord. les trois tribus du pays de Gap prirent les noms de Pétrocoros ou de Tricores', c'osl-à-diro
1. Soil ccllf dos Lipures, soit relie des Celtes; cf. p. 301 et s., et l. I, p. 12.1-5.