‹ Histoire de la GauleChapitre 32 sur 718 · DES NOMS DE PEUPLADES · texte numérisé non relu

DES NOMS DE PEUPLADES

retrouve parfois ces landes, ces forêts ou ces marécages qui séparaient jadis deux peuplades gauloises. Quand le chemin de fer nous amène vers le sud au delà de Saintes et de Pons, on traverse, aux abords des stations de Montendre et de Saint- Mariens, des terres tristes et incultes, couvertes de pins, de joncs épineux, de bruyères et de fougères, sans hommes et sans maisons : c'est la solitude qui, jadis, protégeait au midi la terre des Santons, au nord celle des Bituriges Vivisques, et ce désert fait maintenant, l'espace de quinze lieues', la limite entre la Charente-Inférieure et la Gironde, héritières de ces vieux territoires. Tout cela s'explique aisément. Lorsqu'on a créé les départements en 1789, on a voulu d'ordinaire unir les pays qui avaient des intérêts communs, grouper les populations qui vivaient sur les mêmes routes, leur donner un centre d'accès facile; on a voulu constituer des régions administratives dont tous les éléments, hommes et produits, fussent solidaires les uns des autres - : on s'inspira donc des mêmes principes, ou plutôt on reconnut et on accepta les mêmes faits qui, vingt siècles auparavant, avaient rapproché les tribus en cités ; et par la force des choses, les frontières de quelques-unes de ces cités servirent au nouveau régime. L'instinct avait guidé nos ancêtres gaulois aussi sûrement que la raison des législateurs modernes.

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