III. — PATURAGES
Après le blé, la prairie fut, dans le monde antique, la principale manière d'occuper la bonne terre : après la nourriture de l'homme, celle des animaux compagnons de sa vie. Et même, les agriculteurs romains de ce temps préféraient le pâturage à toute autre culture, comme donnant le revenu le plus assuré* : car « les foins procèdent presque directement du bénéfice de la nature » *.
Les Gaulois pensaient de même. Chaque peuplade possédait le nécessaire en fourrages comme en grains ^ César n'eut jamais, semble-t-il, à souffrir de la disette de foins, sauf, bien entendu, le cas de mauvaises saisons ou d'hostilités continues ^ Il ne dit nulle part qu'il en ait fait venir des pays voisins.
Tous les principaux types de pâtures étaient représentés dans la Gaule, et par quelques-uns de leurs spécimens les plus célèbres. Les Alpes inclinaient leurs prés humides, destinés aux pacages d'été \ Dans la plaine du Comtat et le long du Rhône, s'étalaient des herbages fameux, produit d'une terre chaude et grasse à la fois'. La Grau, avec ses cailloux innombrables, à travers lesquels poussent le thym odorant et le chiendent à la saveur sucrée, était en même temps la plus sèche des terres et le plus copieux des pâturages". Les forêts et les landes complé-