‹ Histoire de la GauleChapitre 357 sur 718 · ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

ÉLEVAGE

de nos jours, des milliers de moutons transhumaient entre les Alpes et la Crau'; et enfin, l'île de la Corse était, dans tout l'Occident, la terre d'élection des chèvres, qui y vivent aussi nombreuses que les hommes-, ^ur tous ces points, les révolutions économiques et les conquêtes politiques n'ont rien changé à la vie du sol.

Ce dont le Gaulois se préoccupait sans doute le moins, c'était la basse-cour. Comme le verger et le potager, elle semble avoir été sacrifiée dans les grandes fermes de ce temps. Petites bêtes, petits revenus. Les abeilles s'élevaient un peu partout, surtout à cause du miel et de l'hydromeP. Mais les seuls vraiment célèbres d'entre les produits secondaires de l'élevage, étaient les oies de la Flandre, dont les Morins engraissaient de nombreux troupeaux. On les estimait pour la chair et surtout pour le. foie, dont les gourmets de Rome devaient faire plus tard leurs délices*.

On dira que ce sont là menus détails et simples curiosités de la vie d'autrefois. Mais les renseignements qui nous sont parvenus de cette époque lointaine sont si clairsemés qu'aucun ne doit être négligé. Et au surplus, les moindres habitudes économiques peuvent jouer un jour leur rôle dans la vie des peuples : les troupeaux doies des Morins ne furent pas indifférents aux brasseurs d'affaires qui exploitèrent la Gaule conquise, tout comme les castors du Canada occuperont la pensée de Colbert et de ses intendants.

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