‹ Histoire de la GauleChapitre 367 sur 718 · CHASSE KT CHIENS · texte numérisé non relu

CHASSE KT CHIENS

bêtes, dans le pays de Gaule, étaient bavardes et à demi folles comme leurs maîtres*.

Au reste, ce monde des chiens ressemblait au monde des hommes. Il existait entre eux une hiérarchie. Dans une meute, chaque animal gardait son rôle propre : les limiers dépistaient, et les coureurs forçaient-. Elle était conduite par un chef, elle lui obéissait, il faisait son éducation'.

Les chiens étaient associés à toutes les actions importantes du Gaulois. Ils l'accompagnaient à la guerre : il y avait pour eux, sur le champ de bataille, une portion de proie*. On les admettait aux festins et aux fêtes de la chasse ^ Car lâchasse, comme la guerre, avait son culte. A l'orée des bois ou dans les carrefours familiers aux veneurs, s'élevaient les sanctuaires qui leur servaient de rendez-vous. La divinité recevait, aussi bien qu'après une bataille, sa part de butin, dépouilles ou défenses des animaux tués^ Les jours des repas sacrés, les chiens festoyaient aussi, couronnés de fleurs ^ Dans la chasse ainsi que dans la guerre, le compagnonnage s'établissait plus intime entre l'homme et l'animal. Et les étrangers du Midi s'étonnaient de ces usages à la fois sauvages, subtils et solennels, qui faisaient de la chasse gauloise une sorte de guerre rustique, savante et religieuse.

1. Sur les cliicns damerets de la Gaule romaine, Martial, XIV, 198.

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