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XVI. — CONSTRUCTION

On retrouvait la même rudesse dans les industries qui servaient à loger les hommes.

L'art de la construction n'avait encore réalisé des œuvres fortes et durables que pour les services publics et militaires, dans les murailles des villes, les ponts des grandes routes» les vaisseaux de haut bord des flottes vénètes\

11 est vrai que c'étaient des œuvres bien comprises, où les

1. Remarquez surtout combien les couleurs, surtout des ornements, sont effacées; il n'y a pas, à ce point de vue, cette solidité incomparable des poteries g-recques; cf. Décbelette, Vases, I, p. 4.

2. Du Cliatellier, p. 53 ; contra, Décbelette, Vases céramiques, t. I, p. 4.

3. Heinach, Cat., p. 1G3-4. Au moins jusqu'à de nouvelles découvertes. Voyez le curieux vase à couvercle d'Argenton, Rev. arch., 1902, II, p. 23.

4. Les briquettes ja\ines de Bibracte sont voisines des temps de la conquête (Décbelette, Fouilles, p. 9).

3. P. 293-G; Posidonius ne parle de vases de terre que pour la boisson (ap. Athénée, IV, .36, p. 152 b) : 'Ayisio.-... joixos'. {j.£v iao-'/o:;... /.îpaiiÉot;. — 11 n'est pas prouvé que les amphores à incinération trouvées en Gaule ne soient pas toutes de l'époque romaine (de Saint-Venant, Bull, arcli., a. 1S97, p. 320 et s.).

6. Décbelctle {Vases céramiques, 1, p. 3) a justement noté que sur ce point eoninie 6ur d'autres (cf. t. 1, p. 377, t. H, p. 300), la Gaule propre ou plutôt la Celti(iue parait en relard sur la Gaule extérieure et sur la Belgi([iic. — .\joutez que les importalions de poteries grecques ou campauienncs, par lintermédiaire de Marseille, ont du retarder le développement de l'industrie indigène (cf. p. 331, n. 3}.

Gaulois avaient habilement uni les niat«''riaux de résistance, la pierre, le bois, le fer et mèrae le cuir. — Ils savaient tuilier, disposer, river les poutres des échafaudages les plus compliqués, et cela avec une rapidité dont s'étonnera César :' dans Avaricum assiégé, il les vit élever et exhausser les tours de bois de la défense aussi vite que ses soldats dressaient celles de l'attaque; les étages succédaient aux étages, et un revêtement de cuir venait s'appliquer sur la charpente bâtie '. — Il a déjà été question des vaisseaux vénètes, construits et gréés avec des matériaux de choix et de taille : poutres de chêne, clous de ftT (iuii pDUce d'épaisseur, voiles de cuir brut ou travaillé, chaînes de fer pour tenir les ancres, câbles de chanvre, et algues ou roseaux pour calfater*. — César rend également hommage à la solidité des murailles des places fortes, dont aucune après tout n'a été renversée ou ébrérhée par le bélier de ses légionnaires ^

Il faut cependant observer que de toutes les forteresses qui se sont élevées sur le sol de notre pays, celles des Gaulois ont laissé le moins de traces : les vieilles murailles ligures du .Midi, à blocs énormes et de façon cydopéenne, ont été autrement durables que les murs de Gergovie et de Bibracte*; elles n'ont p(»iiil bougé, les autres n'oflrenl aujomd'liui que des décombres souvent indistincts. Dans les constructions militaires des Celles, la pierre ne règne pas en souveraine; elle n'a plus sur eux la toute-puissante attraction qu'elle exerçait sur les générations antérieures*. Nous avons vu que les remparts de leurs citadelles

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