Cf. IJulliot, rouilles, n, p. li'J
ces deux forces contribuaient ii créer et à faire vivre |»ail<iut des centres municipaux.
Par là Miènie, cette plèbe urbaine avait dès lors son importance et son rôle. Il est j)robable qu'à côté des esclaves et des clients, elle renfermait aussi des ouvriers indépendants de tout lien social. En tout cas, il suffisait qu'elle fût nombreuse et jj^roupée pour qu'elle pût devenir redoutable. Le travail matériel commençait son émancipation.
Les fouilles faites à Bibracte, peut-être le centre industriel le plus important de la Gaule, nous permettent de pénétrer dans les quartiers ouvriers de la ville : les constructions dont on voit les ruines sont, il est vrai, des premiers temps de l'époque romaine; mais la manière de vivre de ces bommes n'avait point beaucoup changé depuis que César était passé j»ar là. Leurs forges, leurs ateliers, leurs demeures, occupaient le nord du vaste enclos que portait le plateau du Heuvray'. Sur cette même solitude d'où l'on peut voir aujourd'bui les fumées loinlaines du Creusot, se pressait jadis la multitude des travailleurs gaulois : les foyers de la vie d'autrefois ne sont point éteints dans la région autunoise; ils n'ont fait (jue se déplacer, descendant dans la plaine, changeant de carrefour*. Comme Le Creusot, la cité ouvrière du Heuvray était un triste entassement d'hommes et de choses'. Fondeurs et forgerons de fer, bronziers, orfèvres et émailleurs, respiraient et salTairaient les uns prè.s (les autres, dans des loges étroites et contiguës, à diiui li'irés dans le sol \ A peine s'ils avaient i)lus d'air et de liberté que ces misérables artisans des traditions germani(iues,