CONDITION SOCIALE DES TRAVAILLEURS
militaire qu'elle travaille le plus ; c'est pour lui plaire qu'elle imagine avec le plus de bonheur. Comme dans les premiers temps de la féodalité chrétienne, elle se fait d'abord la cliente de quelques puissants.
Toutefois, les ouvriers et les manufacturiers ne sont pas tous sous la main et à la merci des grands. Qu'un riche seigneur, comme Orgétorix, Dumnorix ou Lucter, ait eu des ouvriers à sa disposition, esclaves, salariés ou clients de sa famille, instruments de ses biens-fonds, à demi captifs dans les ateliers de ses fermes, cela va de soi, et il en sera éternellement ainsi sous un régime d'aristocratie foncière. 3Iais ces travailleurs de domaines ne forment pas tout le corps laborieux de la Gaule. Elle possède déjà, je suppose, ses voyageurs en marchandises, ses entrepreneurs de transports par terre et par eau, et sans doute d'activés corporations de mariniers ou de trafiquants, puissance nouvelle qui grandissait en dehors de la noblesse d'épée. Il y a les artisans nomades, bronziers ou étameurs, qui s'en vont de foire en foire, de carrefour en carrefour, s'arrètant lorsqu'ils trouvent une clientèle, le plus souvent misérables et toujours vagabonds, mais libres après tout et ne peinant que pour eux-mêmes'. Un plus grand nombre d'ouvriers sont déjà installés à l'abri des remparts de villes, esclaves ou affranchis de quelque riche industriel, réunis autour d'une vaste entreprise.. Car je ne doute pas que les principales cités de la Gaule n'aient eu de véritables manufactures, organisées sous la direction d'un chef habile et intelligent : comment comprendre, sans cela, les progrès techniques faits par la métallurgie, et cette invention de l'argenture qu'on attribuait à la ville d'Alésia'^?Déjà donc, les grandes cités de la Gaule nourrissaient leur prolétariat d'ouvriers ou leur bourgeoisie de marchands, et
même (Leçons, I, p. 50) : « L'art gaulois c'a réelleiaent résidu (lue dans l'oroemcnt. •