DE LEUR ROLE DANS LA VIE GAULOISE
indépendants des peuples monnayeurs du monde civilisé, et qu'ils ont tenu à frapper monnaie chez eux, et pour leur propre compte.
Voilà, entre autres choses, en quoi ils l'emportèrent sur les Barbares qui les avaient précédés et sur ceux qui entouraient encore leur contrée. Les Ligures, malgré le triple contact de Marseille, de l'Etrurie et de Rome, ne surent jamais battre monnaie ; les Germains dédaigneront pendant longtemps toute initiative de ce genre. Sans doute, l'abondance ou la rareté des métaux précieux était de nature à encourager les Celtes et à détourner les autres. Mais cette cause extérieure n'explique les choses qu'à moitié. Et il faut bien que les Gaulois aient eu vraiment l'intelligence et la passion de l'or et de l'argent monnayés, pour qu'on rencontre des pièces à leur marque partout où ils se sont établis : ils en imposaient l'usage même à l'île de Bretagne, dont les indigènes quittaient à peine leurs habitudes de sauvages, la vie dans les bois, le mépris de l'agriculture et la communauté des femmes \
Il s'est même trouvé que le début de la Gaule dans une vie à la façon gréco-romaine a été précisément la frappe de ses pièces d'or. Bien avant de sculpter des statues, de graver des inscriptions, d'écrire ses poèmes, elle posséda des monnaies accompagnées de figures et de légendes. Toutes les autres formes de l'art, elle ne s'y essaiera qu'au moment de sa défaite : elle eut ses monnayeurs deux siècles avant l'arrivée de César. Leurs produits sont les premiers objets à figures de l'industrie celtique; et ils furent les seuls pendant longtemps. Ce qui est plus significatif encore, c'est que les plus vieilles monnaies datent d'une époque où les historiens ne parlent pas de ^a Gaule. Elles sont, presque toujours, les témoins primitifs des peuples de nom celtique. Et par suite, elles nous ont fourni quelques-uns