SYSTÈMES MONÉTAIRES
l'étranger : la Grèce lui a d'abord fourni les monnaies, et lui a ensuite laissé les systèmes.
Dans le cours du troisième siècle ' , les plus riches et les plus puissants des peuples gaulois, Arvernes, Bituriges, Eduens, d'autres encore, eurent la pensée de reproduire chez eux, avec le métal dont ils disposaient, ces philippes d'or ou ces statères macédoniens qui arrivaient de toutes parts dans le haut pays, par les marchands, les aventuriers, les mercenaires libérés, par la voie du Rhône et par celle du Danube. Le choix de cet étalon est une preuve de leur intelligence économique. La richesse aurifère de la Gaule rendait possible une abondante fabrication de statères. Des pièces de ce genre formaient à ytri dire la monnaie idéale : légères, brillantes, trop grosses pour se perdre aisément, trop petites pour encombrer, elles réalisaient si bien une sorte de perfection, que de nos jours le louis et la livre d'or, les pièces universelles par excellence, reproduisent à peu près son aspect, sa forme et son poids ^. Aussi, peu de temps après leur apparition, les statères d'or de Philippe et d'Alexandre devinrent en fait, par tout le monde méditerranéen, une monnaie internationale, et les Barbares, pour qui l'or était le métal divin, leur firent peut-être meilleur accueil encore que les peuples de la mer.
Arvernes \ Bituriges et autres ne pensèrent donc d'abord qu'à copier les philippes et à se fabriquer des statères; et de proche en proche, le système macédonien gagna les nations plus barbares de l'Armorique et de la Belgique, et, par-delà la Manche, envahit l'île de Bretagne elle-même *.
Certes, cette monnaie fut fort inégale, et suivant les peuples
2. Le poids normal du yiliilippe d'or est de 8 pr. CO; relui du louis, G gr. 452 de la double couronne allemande (24 fr. 69), 1 gr. !)Go; do la livre sterling «nglaiso (25 fr. 22), 7 gr. 988. De même la drachme pour l'argent, t. 1, p. 438.
3. 11 est possible que l'imilalion ail commencé chez les Arvernes : cela deviendrait probable si les initiales AP, qui se lisent sur (luehiucs-unes des meilleures pièces imitées, étaient celles du nom des Arvernes (supposition courante, .Nfure et Chabouillet, p. 79 etsuiv.); mais la chose n'est point corlaine, Blancliet, p. 21t.