Tobles, p
coursiers et oiseaux à têtes humaines, centaures et chimères du monde gaulois'.
En gravant de telles figures, les Celtes procédaient à la façon des Grecs, qui avaient multiplié sur les monnaies les images symboliques des fleurs et des animaux. Marseille montrait sur les siennes le lion et le taureau, signes de force et de courage, et Rosas, la fleur de l'églantier, emblème de son nom. Mais les peuples de la Gaule avaient su se dégager de ces représentations banales. Ils avaient trouvé dans la flore et la faune de leur çol et de leur religion des images qui leur appartinssent en propre ; tout comme les sculpteurs du Moyen Age, rompant enfin avec l'insipide monotonie des traditions romaines, avaient demandé aux arbustes du pays les ornements de leurs chapiteaux et le cadre de leurs portiques*.
Des deux sortes d'activité humaine, la guerre et les travaux de la paix, le monnayage gaulois ne fait presque pas d'allusion à ces derniers. Ni la charrue du laboureur, ni l'outil de l'ouvrier, ni la besace du marchand ne sont représentés \ La bourse et le caducée, ces insignes pacifiques qu'adoptera plus tard le dieu national, ne paraissent pas encore. Les animaux figurés sont surtout des animaux de guerre ou de chasse : la brebis, le bélier, le coq, l'abeille, bêtes de ferme et de rapport, sont d'ordinaire exclues de la faune monétaire*. L'être vivant le plus