T. I, p. :n4 0, 3i2-3, r.R-0; t. II. p. 201-2. 42(V
2. Ffritntis... Ilnhrnt tamrn fl facundiam saum, .Meln. III, 2, IR.
:\. César, VII, 22. 1; Slralmiii IV, 4, 2; 1, 5. Cf. l. I, p. 300-378. 4. T. I. p. ini 2;rr. p. I^H) I.
NATURE DE L'INTELLIGENCE CHEZ LES GAULOIS. 3b7
Assurément, la majorité des Celtes n'étaient autres que des Ligures ayant changé de nom '. Mais la conquête celtique n'avait pas seulement apporté un vocable nouveau et amené d'autres maîtres. Elle avait aussi dégagé l'esprit des habitants de la torpeur où ils demeuraient engourdis : l'horizon des hommes s'était élargi; les nations étaient plus grandes, et les dieux plus solennels'. Aucune des révolutions qui ont transformé le nom et le gouvernement de notre pays n'a laissé intactes toutes les habitudes intellectuelles. L'invasion germanique, si elle n'a pas touché à la langue, a endormi pour près de quatre siècles les facultés littéraires et artistiques des Gallo-Romains. Et il suffit ensuite d'un changement de régime, sous les Carolingiens, pour amener une renaissance.
Ne disons pas que les descendants des Celtes conquérants étaient les seuls à aimer la poésie et l'éloquence, et que les petits-fils des Ligures, toujours attachés à la glèbe, gardaient les pensées courtes et les sentiments mesquins de leurs ancêtres. Rien ne nous autorise à croire que l'esprit de ces vaincus ait été normalement réfractaire à d'aimables influences \ Si les Barbares de la Ligurie italienne ne purent rien apprendre, c'est sans doute parce qu'ils furent soustraits à la conquête et à l'action des Celtes.
Les Celtes du second siècle (quelle que fût l'origine de leur sang) avaient une intelligence vive, qui comprenait aisément et qui retenait bien '. C'est ce que disait le Grec Posidonius, le premier et peut-être le seul homme de toute l'Antiquité qui les ait observés avec soin, et qui n'ait pas traité avec le mépris rapide du lettré les Barbares de l'Occident. Esprits pénétrants, habiles à saisir rapidement le sens des choses et la suite d'un raisonnc-