QUELQUES PRATIQUES SCIENTIFIQUES
Les druides conservaient le monopole des travaux sur la nature; et leur curiosité n'était pas moindre, semble-t-il, que celle des prêtres de l'Orient et des philosophes de la Grèce. La divination et la prophétie étaient sans doute le but de leurs études sur les problèmes de l'univers, comme la production de l'or fut celui de la chimie au Moyen Age. Mais, de même que l'ambition de la pierre philosophale a conduit les hommes à de très belles découvertes, la recherche de l'avenir pouvait révéler aux druides quelques-unes des lois fondamentales qui régissent la matière et la vie.
De fait, ils avaient des théories sur les éléments constitutifs de l'univers, l'eau et le feu, sur ses bouleversements ultérieurs, sur l'étendue du monde et de la terre, sur les révolutions des astres, et enfin sur l'origine et les destinées de l'homme, sur le dualisme de l'àme et du corps'. Nous ignorons ce que valaient ces théories : mais la science de la nature se présentait déjà, dans leurs poèmes, avec son objet et ses cadres définis.
S'ils n'ont peut-être pas créé le calendrier, c'étaient eux sans doute qui en arrêtaient le détail. Comme presque tous les peuples, les Gaulois l'avaient réglé sur le cours de la lune^ : le mois correspondait aux révolutions lunaires de 29 jours et demi; les journées étaient comptées suivant leur place après la nouvelle ou la pleine lune. « La nuit conduisait le jour », c'est-à-dire que le commencement des jours, ou des espaces de vingt-quatre heures, était marqué par la tombée de la nuit, et l'on comptait la vie humaine ou la durée des événements par un nombre de nuits, comme nous le faisons par un nombre de jours \ — D'ailleurs, de très sérieux efforts avaient été tentés pour mettre en accord lo calendrier lunaire avec le cycle du soleil. On groupait en une année douze mois, dont chacun avait son nom