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QUELQUES PRATIQUES SCIENTIFIQUES

rains des villes, d'enYiron 8 à 9 ares * ; et Yarepennis ou arpent, la moitié du jugère romain, soit 12 ares 1/2 -. Toutes ces mesures étaient des carrés parfaits, ayant respectivement pour base, le candetum rural, 130, et l'arpent, 80 coudées grecques (la coudée, environ 0 m. ii\ Le système métrique des Gaulois se rapprochait donc d'assez près de celui des Hellènes ; il semble cependant difficile qu'ils le leur aient emprunté. Cet élément de la coudée se retrouvait aussi dans la principale mesure d'itinéraire, la lieue (leiiga), environ 2217 mètres', soit 5000 coudées, 50 fois le côté du candetum agraire. Et tout cela nous montre, chez les Gaulois, des systèmes de mesures rigoureusement ordonnés \ Ils employaient donc, sauf pour les calculs astronomiques,

1. Cent pieds à la base. Col.. V, 1, 6 (in areis urbanis); Isidore, XV, 15, 6. Il serait possible (ce que suppose d'Arbois de Jubainville, Ac. des Jnscr., C. r., juill. 1903, p. 330) que le candetum urbain fût postérieur à la conquête romaine. Contre le système de Nissen (p. 882), qui fait de ce candetum urbain une surface de 100 pieds carrés, cf. Hultàch, Enc. Wissowa, III, c. 1405.

2. Columelle, V, 1,6. 11 est possible que Yarepennis soit la mesure préceltique.

3. D'après la ILste de Vérone, leuga habet mille qaingentos passas. Textes ap, Hulder, II, c. 197-201 ; cf. Rotb, Geschichte der Leuga, Jahrbûcher de Bonn, XXIX-XXX, 1860, p. 1 et s. 11 est possible que cette concordance (une lieue = un mille et demi = 2217 m.; ait été établie par les arpenteurs romains : toutefois, l'accord constaté entre la lieue et la coudée ou la base des mesures de superficie me fait croire que la véritable lieue g-auloise ne devait point trop s'éloig^ner de ce chiffre de 2217 m. Et voici deux autres arjruments : 1' d'un côté on retrouve, semble-t-il, celte lieue dans les 12 stades comptées par les Romains sur les cotes ligures (t. I, p. .522, n. 2). et il peut résulter de cette constatation que la lieue est d'origine préceltique: 2' Luern, dit Posidonius (.\thénée, IV, 37j, fit enclore un espace dont chaque côte mesurait 12 stades : ce qui représente encore la même valeur de la lieue. Pistollet de Saint-Ferjcux {iJcm. sur l'ancienne lieue gauloise, Langres, 1832, p. 22 et s.; thèse reprise par Ménard, Bull, de la Soc. des Ant. de l'Ouest, Vil* s., 1853-5, p. 39 et s.) l'évaluait à 2415 m., en reportant sur le terrain les mesures des itinéraires. — Il existait (Jérùme, In Joelem, 3. P. L., XXV, c. 9S6) une lieue germanique, rasta, double de la lieue gauloise. — De très sérieux efforts ont été faits pour retrouver d'autres mesures gauloises. C'est ainsi qu'.lurès, en s'aidant des dimensions des monuments gallo-romains, a cru pouvoir évaluer le pied à 0 na. 322, et ce serait pour lui l'origine du • pied du roi -. 0 m. 3248 Revue des soc. sav., m* s., IV, 1864, p. 446 et s.: Rev. arcJi.. 1866, II, p. 183 et s. ; 1867, I, p. 108 et s.; Mim. las à la Sorbonne en 1867, Arch., 1808, p. 1 et s.; Étude... des dimensions de trois inscriptions, Nîmes, 1866, .Mém. de l'.Acad. du Gard; .Métrologie gauloise, 1870, id. ; etc. Le pes Drusianas ou germanique était de 0 m. 333 [Gromatici veteres, p. 123, Lachmann).

4. Voyez, sur la métrologie gauloise : Nissen op. Iwan von MûIUt, I. 2* éd., 1892, p. 881-2; d'.\rbois de Jubainville, Ac. des Inscr., C. r., 19o3, p. 320-330; Garofulo, StuJi storici, 1904, p. 37.

396 LA VIE INTELLECTLELLE.

la numération décimale'; et nous avons vu, par les tables de recensement dressées chez les Helvètes, qu'ils s'entendaient à manier les longs chiffres et à opérer d'interminables additions *.

Pour achever enfin de jauger les capacités scientifiques de ces peuples, rappelons-nous leurs découvertes agronomiques et industrielles. L'amendement sérieux des terres, les combinaisons de métaux, le fixage des teintures, ne s'obtiennent qu'au prix d'expériences nombreuses*, dont il faut d'abord avoir l'idée, qu'on doit ensuite répéter et modifier sans cesse. Ce qui exige une pensée ingénieuse et l'esprit d'attention. Je ne dis pas que la vie scientifique eût déjà commencé dans les Gaules : mais le terrain y était bon pour elle.

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