X. - IKJLEDES CHOSES DE L'ESPRIT
1.68 curiosités intellectuelles ne nuisaient donc pas aux passions inililairos. Ces deux ordres de sentiments s'associaient et s'entr'aidaient en fiaule : dualisme, avons-nous dit, mais non pas divorce. Les druides instruisaient au ct>urage; les hardes célébraient les faits de guerre; les plus belles œuvres des artistes étaient destinées à décorer les armes; et l'éloquence des chefs servait surtout dans les mois de campagnes'.
Xous voyons par là même l'estime particulière où les Gaulois tiennent les œuvres de l'esprit humain. Ils étaient mieux et autre chose que des coureurs de routes et des manieurs d'épéos. C-aton l'Ancien a dit de ceux de \x Cisalpine : o Ils ont drux passions dominantes, être braves à la guerre et parler avec habileté ^ » .Alais cela est vrai de tous. Prouesses de bras et jiroucsses de parole, voilà leur double idéal.
.jeune, le (laulois a appris des vers à l'école des druides. Chef de lainillc il s entoure de poètes, et se plaît à les écouti r dans les fesliiis cl les campements. Les deux solennités périodiques de sa vie, le banquet et le combat, ne peuvent se passer de «liants'. S'il se bat bien, c'est j)our être célébré à s<in tour. Il sait que sa gloire a besoin des bardes à venir. .\u delà do l'instant présent, de celui où il chevauche et oii il tue. il regarde vers un âge lointain où des pandes harmonieuses répéteront son nom dans les assemblées des hommes. A cùté de l'immortalité que la nature donn(> à l'àme des vaillants, il comprend celle que la poésie assure au souvenir de leurs actions \
Lui-même est, suivant les heures, orateur, chanteur ou