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DE L'ÉDUCATION DE LA JEUNESSE

fixer des règles et sans préposer des maîtres à l'instruction des enfants, qu'elles l'ont abandonnée le plus souvent a l'autorité ou à l'indifférence du père de famille et à l'humeur changeante des mères, la Gaule a fait de l'enseignement de la jeunesse une sorte de service religieux et public : je parle, bien entendu, surtout des fils de nobles, quoiqu'il ne soit point prouvé que toute la plèbe fût tenue à l'écart de ce bienfait *.

En outre, ce service n'était pas confié à de vulgaires salariés, écolâtres de rencontre, étrangers à la vie normale des cités. Ce sont les druides qui servent de maîtres-, le soin d'instruire est un apanage réservé à l'élite de l'aristocratie elle-même. Diviciac, qui fut un des plus grands chefs de son peuple, a dirigé l'éducation des fils de ses congénères. On peut presque dire que le jeune Gaulois, à côté de son père par le sang, chef de famille et chef de guerre, a dans le druide un père spirituel. Et ce dualisme, des armes et de l'esprit, de la noblesse des batailles et de la noblesse qui étudie, se trouvait déjà dans les premières impressions reçues par l'enfant.

On a vu quelles furent les matières jde cet enseignement, et là façon dont il se donnait. Il était, en quelque sorte, à double fin '. Les druides apprenaient aux adolescents ce qu'ils croyaient savoir sur la nature des choses, et c'était là d'abord une instruction purement théorique. Mais ils y joignaient des préceptes religieux et moraux, qui en étaient la conséquence pratique. L'exposé de leur doctrine sur l'immortalité de l'âme se terminait par le conseil de combattre sans peur de la mort*. De ce contact avec les recherches de l'esprit et les vérités supérieures, le jeune Gaulois revenait encore mieux trempé pour la vie de périls qui lui était proposée.

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