‹ Histoire de la GauleChapitre 516 sur 718 · INDEPENDANCE DE LA FAMILLE PATRONYMIQUE · texte numérisé non relu

INDEPENDANCE DE LA FAMILLE PATRONYMIQUE

l'histoire est de ne voir souvent dans le passé que l'apparence de la société et les façades des édifices.

Dans les plus anciens temps de Rome et delà Grèce, la famille, c'est-à-dire le groupe formé par le mariage, ne vivait pas dans une indépendance absolue. Ses intérêts étaient subordonnés aux droits d'un vaste clan générique, gens ou yivo;, qui comprenait tous les descendants d'un lointain ancêtre', apparentés de même nom et desservants d'un même culte. Le citoyen portait, après un prénom qu'il partageait d'ailleurs avec bien d'autres, le nom éternel de son clan. Il était, avant tout, un homme de ce nom et de ce clan, un Tarquinius ou un Claudius, et il l'était, si l'on peut dire, dès l'instant où il devenait le fils de son père^

Il est possible que la société de la Gaule celtique, dans le siècle d'Ambigat, de Bellovèse et de Ségovèse, ait été encore organisée en familles agrégées sous un chef et un nom communs ^ — Mais au temps des guerres contre les Romains, cette institution n'est plus représentée que par de très rares vestiges. Par exemple, les conseils ou les tribunaux de familles, qui réunissaient parfois tous les proches S la prépondérance que le nombre de leurs parents donne à certains membres de la noblesse % sont peut-être l'héritage de l'époque où tous les consanguins formaient une société de maisons solidaires. Les tribus ou. pagi, dont nous avons longuement parlé, étaient sans doute aussi une survivance de ces groupements familiaux, transformés en fédérations politiques *.

Page 1