César, VII
6. On a même suppos»'; l'identité absolue du pagus et du clan au temps de César
402 t\ FAMILLE.
Mais au premier siècle, ces groupements avaient disparu. Chaque unité familiale vit à part, dans ses éléments irréductibles et naturels, père, mère et enfants ensemble '. Son indépendance est devenue chez les Gaulois aussi grande que dans l'Athènes de Péridès ou la Rome des Scipions. César ne rapporte d'aucun d'eux qu'il fût membre d'un clan ou d'une gens. Ce mot, dont il connaissait bien le sens, n'apparaît pas une seule fois dans ses Commentaires-. Tout Celte est dit simplement « fils de ».son père : Vercingctorix, Cellilli /ilius^. Il ne se présente que sous le nom qui lui est propre, il n'a pas de vocable familial et héréditaire : et à ce point de vue, la dislocation du clan a été plus complète encore dans la Gaule que dans Rome, qui a toujours conservé ses noms gcntilices. Les marques de l'antique solidarité des congénères s'y sont complètement clTacées du langage des hommes. Nul n'est lié par son nom qu'à son père, au père de celui-ci, aux aieux qui lui ont laissé de leur sang \ Les généalogies sont de personne à personne, et ne vont pas se perdre dans l'histoire d'un clan.