TOUTE-PUISSANCE DU CITOYEN
toujours été ainsi : mais c'était le spectacle qu'elle présentait dans les temps où nous la connaissons le mieux*.
Lisez César : vous verrez toujours des hommes agir contre d'autres hommes, jamais des dynasties ou des maisons contre d'autres dynasties. Vercingétorix TArverne suivit les destinées et l'ambition de son père Celtill : il fut combattu par son oncle Gobannitio, frère de son père, aidé par son cousin Vercassivellaun, fils de sa tante maternelle -. Les pires adversaires, chez les Trévires, ont été Cingétorix et son beau-père Indutiomar^ La nation éduenne a été longtemps tiraillée par la rivalité des deux frères Diviciac et Dumnorix\ Pas une seule fois César ne parle dune solidarité de sang.
La loi, au surplus, sembla la redouter et la combattre : c'est sans doute pour empêcher la reconstitution des clans que la législation éduenne interdisait à deux frères d'exercer simultanément la magistrature, et même de faire partie à la fois du corps sénatoriale Et peut-être est-ce pour cela que Diviciac et Dumnorix n'ont pas suivi la même voie, que celui-là a été druide et celui-ci chef et magistrat, et qu'ils n'ont jamais été d'accordé
Aussi les familles n'étaient-elles pas rendues responsables des crimes de leurs membres. La trahison et l'exécution capitale même de son chef, n'entraînent pas la proscription des descendants, ne marquent pas la maison d'une tache indélébile. Celtill l'Arverne fut tué par jugement de sa nation, comme coupable d'aspirer à la tyrannie ; et son fils Vercingétorix fut laissé en possession de ses biens, et en mesure d'aspirer un jour aux mêmes ambitions que son père'. Dans les cités où la monar-