III. — NATURE DE LA VOLONTÉ
Les âmes, comme le corps, avaient besoin d'apprendre la discipline. Depuis deux ou trois siècles qu'on le connaissait, le Gaulois s'était trop peu amendé : il n'atteignait pas l'âge de la maturité, quoique, sur certains points, il fût devenu plus sérieux et plus sage^.
Il n'avait, dans l'ensemble, rien perdu du courage de ses ancêtres les conquérants : c'étaient les mêmes bravades contre l'ennemi ^ le même mépris de la mort*, la même folie du suicide". Cependant, à cet égard, les deux grandes régions du monde gaulois ne se ressemblaient pas absolument. Les habitants du Centre et du Midi, maîtres plusieurs fois séculaires de campagnes joyeuses, se sentaient trop heureux de vivre pour s'obstiner, les jours de combat, dans une résistance qu'ils jugeaient inutile ® : ils lâchaient pied ou se rendaient. Sauf les Allobroges, montagnards épris de liberté et orgueilleux de se battre % tous les autres peuples de ces pays n'opposèrent aux
1. Ammien, XV, 12, 4 : doit 6tre en prande partie emprunté à une source ancienne; cf. en eiïet : Atliénée, IV, 30 (Posidonius); Diodore, V, 20, 3; Pline, XIV, 149. Sur l'ivresse celtique par le vin, cf. encore Arrien, Entreliens d'Épictète, II, 20, 17.