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LE PEUPLE

trats ou sénateurs, l'initiative de la décision : en droit ou en fait, elle intervenait presque en tout, et ces aristocraties savamment or données dégénéraient sans cesse, sous la poussée des vieilles habitudes militaires, en démocraties bruyantes et brutales*.

J'entends une démocratie à la manière primitive, c'est-à-dire avec l'exclusion légale d'une classe d'hommes, des mineurs politiques-, les plébéiens. Car il y a dans les cités de la Gaule, comme dans celles du monde gréco-romain, une plèbe et un patriciat. Cette plèbe ne compte guère plus, dans la vie publique, que la pop^lilation servile : en droit, elle ne décide, ne délibère sur rien; elle ne forme pas un corps par elle-même^. Asile des misérables qui ont perdu toute liberté politique, c'est une masse inorganique que la noblesse encadre, moule et pétrit à sa guise*.

Cette noblesse, sans doute moins nombreuse que la plèbe, est la vraie souveraine des destinées de la Gaule. Elle constitue par excellence le « peuple » des cités [populus) ' : elle est l'expression de leur vie publique et collective, expression trop souvent débordante et tapageuse.

En temps de paix, le peuple des nobles était censé abdiquer devant les magistrats, et n'être plus que les serviteurs de la loi. Ils ne devaient point, je pense, participer à l'élection des magistrats, réservée au sénats Je ne crois pas non plus qu'il y eût des conseils généraux des patriciens" : tout au plus étaient-ils convoqués pour recevoir quelques avis, assister au jugement de certains grands coupables et entendre prononcer la condamna-

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