VI. — DE LA GAIETÉ GAULOISE
Le mot (le « gaulois » est devenu, de nosjours, presque inséparable de l'idée de gaieté, dune certaine gaieté à la fois spirituelle et rude, de ton bruyant et d'esprit vulgaire.
Ce rapprochement de mots est l'œuvre des modernes et presque de nos contemporains. « Gaulois », dans l'ancionne France, s'entendait des rhoscs et des coutumes archaïques, de ce qui rappelait o le bon vieux temps » ' : et nous avons pris peu à peu l'habitude* d'apjieler de ce mot surtout le large rire et les plaisanteries grivoises, où s'ébattaient la joie de nos grandspères, riant, comme on disait, « à la vieille gauloise ».
Mais les (jaulois jiroprement dits n'uni rien laissé (jui justifie cette réputation de gaieté à demi grossière. Aucun texte no nous les montre plus iiiltnipérants dans leurs propos ou plus libres dans leur joie que ne l'étaient les autres peuples.
Ce n'est pas une raison pour les croire sombres ou maussades, et pour supposer que la gaieté fut exclue de leurs entretiens. Hire et plaisanter étaient aussi bien leur propre que celui de tous les hommes. Les Anciens ont prêté à Brennos quelques mots «resjirit', d'une «jovialité ftroce » *. Qhiand les ambassadeurs du sénat romain eurent exjtosé leur message devant l'assembléo des dauloi» de Ljinguedoc, on leur réj)ondit par des éclats de rire (|UP rien ne pouvait éteindre ^ Les quelrjues scènes de la
I. Liltrr. nu mol Gaulois. CVsl avec rcUc acre)ilion que Vjclor Iluiro rcrivnit «Il isni, (iniis ,\otre Hame Jr Paris, I. I, ch. i : • Qu*« fnil le lrni|t«, qu'ont fnil Its luiiiiiiifs de ri's niorvcillrs [du Pnlnis dp JuMico]? Quo nous n-l on donné pour tout rplo, pour (out<> cette liistoiri' >:nul(iisr, pour tout rrl nrt gothique? •
1'. l'cul-f'lrc seulement depuis l'nul do Kwk (mort en IS7I).
:\. Justin. XXIV. 0. *-5; Kiodore. XXII. ». 4. Cf. t. I, p. 301, 338.