‹ Histoire de la GauleChapitre 564 sur 718 · César, I, 17, 1 ; cf. p. 79 et suiv · texte numérisé non relu

César, I, 17, 1 ; cf. p. 79 et suiv

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sont pas les cités ou les tribus que chantent les bardes, mais la gloire d'un patron'. Hommes d'orgueil, de colère, d'impulsion et d'indiscipline, les Gaulois ne comptent que sur leur force et n'agissent que par leur volonté*.

Quel contraste entre les guerres gauloises et les guerres ligures! Nous l'avons déjà llit^ il faut le répéter ici. Dans le récit des conquêtes faites par Rome en Ligurie, il n'est jamais jtrononcé un nom de général : les historiens latins ne parlent (juo de tribus ou de peuples, de masses unies d.'hommes anonymes. Tout au contraire, depuis Bituit l'Arverne jusqu'à Comm l'Atrébate, les luttes soutenues par les Gaulois ont été l'apothéose d'un chef*.

Sauf le peuj)le greC, nulle nation n'a aimé à ce point la gloire, le bruit que fait un nom d'homme. L'importance qu'eut le dogme de l'immortalité montre un vigoureux désir de ne point disparaître. Mais les Gaulois redoutent au même titre la disparition de leur être et celle de leur souvenir. Leur vertu militaire est née en partie du besoin de faire parler de soi, mort ou vivant. S'ils estiment les bardes, ce n'est point pour autre chose. La poésie donne la durée à leur nom, comme le courage la donne à leur âme. Peu dhommes ont rêvé de lapostérité avec une telle constance. Songeons, se disaient-ils entre eux, à ce que nos descendants penseront de nous : faisons des choses dont ils pourront parler '. Le Gaulois n'eut vraiment peur que du néant, sous sa donbb' fnnno, la lin de Tàinc et l'oubli du nom.

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