NATURE DES RELATIONS ENTRE LES CITÉS
grand nombre de peuples qu'ils étaient les « clients » d'un autre, qu'ils s'étaient mis « dans sa foi » ou « son amitié ». Les Eduens reçurent ainsi dans leur « clientèle » les Bellovaques, les Bituriges, les Sénons, les Ségusiaves du Forez, et d'autres moins importants^; les Rèmes eurent les Carnutes-, et les Trévires eurent les Eburons'. — Sous ce mot de « clientèle » se dissimulaient sans doute des relations et des engagements de mode et de degré très diUérents. On ne croira pas, en effet, que les Ségusiaves, petit peuple limitrophe des Eduens, et leur annexe naturelle, fussent traités par eux de la même manière que les Bellovaques de la Belgique, nation forte, ombrageuse et lointaine : la qualité de clients, chez les Ségusiaves, devait comporter à peu près les mêmes pratiques d'obéissance que la sujétion absolue; de la part des Bellovaques, elle n'impliquait, je crois, que des formules de respect envers une suzeraineté toute nominale. Il y avait en Gaule autant de manières d'être client qu'il y en eut d'être vassal dans la France d'Hugues Capet : la force ou la faiblesse respectives du patron et du fidèle étaient encore ce qui déterminait le plus nettement leurs droits et leurs devoirs*.
L'alliance intime, conclue d'égal à égal, était appelée du nom de « fraternité » ou de « parenté » : les Ambarres de l'Ain se disaient les « proches et consanguins » des Eduens^; les Rèmes et les Suessions s'appelaient « frères et consanguins », et ils s'étaient unis par un droit et des lois communes, sous les mêmes magistrats et les mêmes chefs de guerre \
On remarquera que les mots de « société », d' a alliance », de
1. César, II, 14, 2 {in fide atqae amicitia, Bellovaques); VII, 5, 2 {in fide, Bituriges); VI, 4, 2 {in fide, Sénons); VII, 75, 2 clientibus, Ségusiaves et autres).