‹ Histoire de la GauleChapitre 581 sur 718 · TRADITIONS, INSTITUTIONS, PENSÉES COMMUNES · texte numérisé non relu

TRADITIONS, INSTITUTIONS, PENSÉES COMMUNES

Le principal dieu de ces hommes, Teutatès ou le « dieu du peuple », dieu des arts, des routes et des marchands, était par son nom et par ses attributs un principe d'entente nationale '. — Chaque année, les druides des cités, c'est-à-dire leurs représentants auprès des puissances divines, se réunissaient en assises solennelles dans le pays carnute '. — Certains sanctuaires de la contrée étaient communs à tous les Gaulois, ainsi que le furent aux Latins le mont du Jupiter Albain ou le bois de la Diane de Némi. Tel était dès lors peut-être le puy de Dôme, la montagne qui paraît la plus haute de la Gaule centrale ^ ; telle était la ville d'Alésia, qu'on disait « le foyer et la métropole de toute la Celtique » *, et dont la colline, étrangement isolée dans son cadre de vallons, semble l'autel gigantesque de quelque dieu souverain ; et telle, enfin, l'enceinte sacrée où s'assemblaient les druides '.

De cette terre carnute, qui servait de résidence périodique au conseil suprême de leurs prêtres, les Gaulois disaient qu'elle était le « milieu de toute la Gaule » ^ Les Grecs affirmaient une chose semblable de la terre delphique, temple commun et ombilic du corps des Hellènes' : mais elle n'était qu'à moitié vraie pour les roches phocidiennes, à l'écart des grandes cités de l'Hellade, éloignées de ses routes maîtresses. Le sanctuaire carnute, lui, était voisin de ce cintre de la Loire vers lequel convergent toutes les voies naturelles de notre pays : Orléans n'est peut-être pas le milieu géométrique de la Gaule; il est en tout cas sa clef de voûte. Il fallait donc, pour avoir saisi cette situation cent raie et souveraine, que les Gaulois eussent étudié la structure générale

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