‹ Histoire de la GauleChapitre 582 sur 718 · Cf. Busolt, Griechische Geschichte, I, 2' éd., p · texte numérisé non relu

Cf. Busolt, Griechische Geschichte, I, 2' éd., p

446 INSTITITIONS COMMUNES.

de la conln'o lour domaine : et, adaptant l'une à l'autre celte terre d'unité et leur 'communauté nationale, ils placèrent au nombril de la France le lieu des rendez-vous solennels de toute leur race.

C'étaient les druides qui présidaient le plus souvent à ces pensées et à ces relations communes : leur assemldée annuelle chez les Carnutes, les dieux qu'ils adoraient, leur organisation en église, leur obéissance à un pontife souverain, les leçons qu'ils donnaient sur les origines de la nation', tout faisait d'eux les représentants traditionnels et les gardiens de l'unité celtique, comme le clergé catholique sauvegarde encore l'unité chrétienne.

Les druides ne se bornaient pas ;\ conserver les survivances religieuses de celte unité : ils pré[)araient pour laM-nir des générations capables de comprendre, d'aimer et de défendre le nom gaulois. Leur enseignement s'adressait h tous les nobles; ils leur apprenaient le passé divin de la race; ils les excitaient à cond)allre et à mourir- : et cette mort, ils ne la leur souhaitaient assurément pas sur les champs de bataille des luttes civiles, mais au loin, dans la guerre glorieuse contre l'étranger. Plus que les chefs de la société civile, les prêtres étaient les champions du patriotisme gaulois. Ces éducateurs de la jeunesse se trouvaient être les hommes (jui maniaient le plus les idées générales : et c'est grâce à eux sans dnute que, malgré les querelles des peuples, elles reprenaient vigueur à chacune des générations qu'ils formaient.

Les traditions épiques des victoires d'autref»tis vivifiaient ce patriotisme chez les ambitieux et les enthousiastes. Pour ces amoureux de batailles qu'étaient les Gaulois, l'antique coiMpagnonnage de guerre représentait la forme la plus sensible de la

I. Wsnr, VI. 13, S 10; JS.l; Atnnii.Mi, XV, î>. 4 ni S ; cf. p. 97 el suiv.. p. !tS rt êuiv., |>. 94 cl suiv., p. 120-7.

a. César, VI, 14; 18, 1: Amn.l.-i,. XV,!», 4; iri. j. KIT, tT4.

TENDANCES A L'UMTÉ. 447

patrie. On ne perdit jamais la mémoire des belles aventures vécues ensemble sur les bords de l'Allia et près du Capitole ', et les relations avec les étrangers du Midi ne purent que la renouveler. Ces récits des choses d'autrefois faisaient partie de l'éloquence militaire; ils étaient le patrimoine éternel de la race, d'où elle tirait à la fois des leçons d'entente et des exemples de courage -. Au beau milieu des périls de la lutte pour l'indépendance, Vercingétorix prédira que l'accord de toute la nation allait assurer aux Gaulois le triomphe sur le monde entier '. Et ce rêve d'une Gaule unie et victorieuse, lançant ses escadrons sur les routes méridionales, ne s'éteindra que lentement parmi ces hommes, dans la vulgarité attrayante et continue de la paix romaine .

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