V. — TENDANCES A L'UNITÉ
Les Gaulois avaient donc à la fois la notion de leur unité présente et la mémoire d'une histoire commune. Ils se sentaient, dans les moments d'enthousiasme, solidaires de tous ceux qui vivaient sous leur nom et de tous les morts qui l'avaient porté : ils parlaient de « toute la Gaule » comme d'une personne vivante et presque immortelle, qu'il fallait aimer, servir et protéger^. Elle représentait bien, pour eux, une patrie.
Ces mots de Gaule et d'union n'étaient souvent que des formules, comprises de très peu d'hommes. Mais les mots et les espérances sont des faits historiques au même titre que les batailles et ies institutions : écrire l'histoire d'un peuple, ce n'est pas dire seulement ce qu'il a fait, mais encore ce que quelques-
1. Polybc. II, 22, 3-5; Silius, IV, 150-3, 280. Cf. p. 381, t. I, p. 380.