L ADMINISTRATION
à des tributs ou des contributions directes, qui furent souvent considérables : les prêtres, sans être exempts de l'impôt, le payaient à part, et ils en souffraient bien moins que les autres; le poids des charges fiscales pesait sur la plèbe '. Et en ces choses, ces peuples que nous croyons barbares n'étaient pas très différents des Etats les plus policés. Outre les tributs, les hommes étaient astreints à des fournitures en nature, à des corvées ou des oblie'ations personnelles"-. Les Gaulois n'iirnoraient pas non plus le système des taxes indirectes : le long des fleuves et des routes de terre, ils percevaient des droits de passage ou de douane; d'autres taxes d'entrée et de sortie, assez lourdes, étaient établies dans les ports de la Manche sur les objets échangés avec l'île de Bretagne ^ Sans doute aussi la cité avait ses biens propres, immeubles, mines, carrières, forêts, lais ou vacants*. La perception des douanes et des revenus domaniaux était affermée, en baux de plusieurs années, par les magistrats de la nation : et il faut bien qu'elle ait donné chez les Eduens des bénéfices considérables, puisque les personnages les plus notables se présentaient comme adjudicataires de ces fermages ^.
Nous ne savons à quelles dépenses la peuplade affectait ses revenus : on peut supposer que ^c'était à la construction de ses édifices publics, de seè routes, de ses ponts et des remparts de ses villes, à la fabrication d'armes, à des approvisionnements
1. VI, 13, 2 et 14, 1. Je traduis neque ana par • non en même temps • on « non dans le même rôle que • (cf. oj (r^-i-t\zX al-:o".;, Str., IV, 2, 1); cf., sur le sens de
una, Meusel, Lexicon Cœsarianum, II, II, c. 2365-7. Je crois que Meuse! a le tort d'hésiter entre la leçon des rass. a, ana, et celle des mss. g, unqnam.
2. Omnium rerum immunitatem doit se rapporter à ces prestations (VI, 14, 1; cf. I, 17, 2. P. 92.
3. Strabon, IV,3. 3 (-rà c'.a-;'wv:y.i TÉ/r, sur la Saône); César, 111,8. l.et Strabon
IV, 5, 3 (sur la mer armoricaine); III, 1, 2 (dans les Alpes Grées et Coltiennes chez les Ligures et autres); I, 18, 3 (portoria reliqaaqae ... veciignlia chez les Eduens). Il serait possible que parmi les noms de Iieu.x d'origine celtique qu'on remarque aux frontières des cités, quelques-uns signifiassent • péages •.
4. Ce sont peut-être les reliqua vecligalia de I, 18, 3; les biens des condamnes -