LES TROIS PEUPLES D ENTRE LOIRE ET GARONNE
fait la diagonale. C'est ce qu'on peut appeler la grande Celtique, celle des larges vallées et des longs fleuves, des peuples étendus, des vieilles villes, des souvenirs glorieux, des sanctuaires célèbres, des richesses en moissons et en métaux, des industries florissantes.
Suivons-en dabord le pourtour.
Trois nations se partageaient les hautes rivières et les basfonds marécageux qui séparent les plaines inférieures de la Loire et de la Garonne '. — Les Lémoviques - étaient les moins bien partagés : adossés à la forêt de la Gaule centrale \ ils étendaient leur territoire arrondi sur le plateau et les terrasses granitiques du Limousin; la Vienne, jusqu'après son coude *, le traversait par le milieu. Plus favorisés qu'eux, les Pictons' et les Santons^ exploitaient les bonnes terres et les riants vallons qui <lescendent des montagnes limousines, et qui se prolongent sans obstaclejusqu'àTOcéan et aux rives mêmes des deux estuaires : les Pictons allaient vers le nord-ouest, le long de la Vienne, ■du Clain et des deux Sèvres, pour finir aux dunes vendéennes <les Sables-d'Olonne et aux marécages qui font face à Noirmoutiers; les Santons s'inclinaient vers le sud-ouest, revendiquant pour eux le bassin de la Charente à peu près dans son entier, ne s'arrêtant qu'au port de Royan et aux flots tourmentés <le la Gironde, face à l'îlot de Cordouan ' : sur quinze lieues, les
1. Cf. Lièvre, Les Limites des cites de l'Ouest de la Gaule, 1891 (Bull, de géogr. hist. et descr.}.
2. Lemovices : César, VIL 4, 6; 75, 3; Vlil, 40, 4; Strabon, IV, 2, 2. Sur le nom,
cf. p. 35, n. 2. — Dcloche, Études sur la géogr. hist. de la Gaule et spécialement du
Limousin, Mém. prés, par div. sav. à l'Acad. des Inscr., II* s., IV, 1800; Buisson de Maverfrier, Origines gallo-romaines des Lémouikcs, Limoges, 1804 (fantaisiste).
3. Cf. t. I, p. 92-93. Ey^rurandc, sur le clicinin de fer de Clermont à Limoges, marque la limite (Milrc Lémoviques et Arvornos; cf. i<i, p. 31.