XII. — LES VOLOLES
Le nom de Yolques- embrassait les tribus du Languedoc, depuis le confluent du Tarn jusqu'aux bords de la Têt^ depuis les Corbières et les Pyrénées ariégeoises jusqu'à la Montagne Noire, aux Causses et aux bois de l'Ardèche, depuis les coteaux de la Lomagne jusqu'à la Méditerranée et jusqu'au delta du Rhône ^ Il s'étendait même, au temps d'Hannibal, sur les deux rives de ce fleuve : les Volques étaient alors les maîtres uniques du passage entre Beaucaire et Tarascon'.
C'est, dans toute la Gaule, le plus vaste espace qui relève d'une seule société politique. C'est encore le seul où l'on trouve une telle variété de terres et de manières de vivre : — de hauts plateaux avec leurs bergers sauvages et leurs troupeaux aux dix mille têtes, que les draio ou sentiers des Cévennes ramènent chaque hiver dans les terres sèches d'en bas; le Toulousain verdoyant, ses blés et ses fleurs®; les monts pierreux des Garrigues poudreuses et grisâtres, toutes prêtes pour recevoir des bois d'oliviers; les collines odorantes du Narbonnais, fréquentées par les abeilles; les gorges boisées et redoutables de l'Aude supé-
1. Histoire générale de Languedoc, par Devic et Vaissete, 2* éd., avec notes en particulier d'E. B[arryj, Toulouse, I, 1874, II, 1S75; Du Mège, Histoire des institutions de la ville de Toulouse, I, Toulouse, 1844, p. 1 et s.; le mi^me, Archéologie pyrénéenne, I, 1858, p. 1 et s.: Joulin, Les ÉlabUssements antiques du bassin supérieur de la Garonne, 1907 [Hev. arch.); Bladé, p. 5UI, n. 3; de Saint-Vennnt, p. 214, n. 1.
2. \'olcœ. Sur ce peuple, son premier duinicile, son arrivée, s«in dédoublement en Volcœ Tectosages, Volcœ Arecomici = • Voltiues le long [des étangs?] », cf. t. I, p. 251, .310 et 315, t. II, p. 42.