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LES VOLQUES

masse flottante, toujours prête à se disloquer? Yolques Arécomiques au nord-est de Narbonne, autour de Nîmes, Volques Tectosages à l'ouest, autour de Toulouse, formaient au dernier siècle de l'indépendance deux noms différents'. Et à l'intérieur de chacune de ces peuplades, on sent que les tribus vivent d'une vie très particulière, celles de la montagne auprès de quelque marché de vallon -, celles de la plaine à l'abri des murailles d'une solide place forte ^

Cette impuissance à se centraliser tenait à deux causes.

Une cause est interne, la structure du pays. Le Languedoc est formé par deux zones parallèles et qui se pénètrent mal, l'une de plaines, l'autre de montagnes. — • Or, les groupes humains qui se formaient sur les routes d'en bas n'y étaient point protégés par la nature, trop plane, trop ouverte : ils ne trouvaient quelque sécurité qu'en bâtissant des villes fortes aux angles ou aux promontoires les plus avantageux, aux lieux de carrefours, sur les plates-formes qui dominent des terres de culture : Toulouse % Carcassonne% Narbonne*, Béziers\ Agde" et Nîmes'.

1. Cf. Strabon, IV, 1, 12 et 13 : Nimcs est expresséiueiit nommée comme métropole des Arécomiques. 11 semble bien que Toulouse le soit des Tectosages; Mêla, II, 5, 75; Pline, 111, 37; IV, 109.

2. Deux types caractérisés de ces marcliés de vallons étaient, n l'époque romaine, Lodève, Forum Neronis (Pline, 111, 37), sur la route d'Apde k Rodez (p. .'iOi, n. 7), Le Vipan, Vindomagus, au carrefour des routes de Nimes vers les Ituténes et les Cabales. Saint-Pons, Bédarieu.x, Anduze, Alais, ont sans doule la même origine et forment avec les deux autres une ligne continue, intermédiaire entre la haute montagne et la plaine.

3. Ilo/.'.; àTia)./,?, dit Strabon de Béziers, IV, 1, G. Voyez plus bas la série des villes de la plaine. — Tout cela peut être dit des Ibères du sud de la Tèt, cf. p. 457-8.

4. Tolosa et Tolossa : Cicéron, Pro Fonleio, 9, 19; De nalura deonim, III, 30, 74; To/wT^a, Strabon, IV, 1, 13 et 14. lille existait dés la fin du second siècle et sans nucun doute depuis longtemps (p. 247, n. 6; tol-osa = • profonde-eau? •, le lac sacré?, cf. p. 150); le suffixe -osa, -ossa, indique une origine préceili(|ue et, je crois, un lac ou une source (cf. p. 130, n. 5). — Sur l'emplacement présumé de l'ancienne ville, cf. Joulin, Mém. de l'Acad.... de Toulouse, .V" s., Il, 1902.

5. C'ircaso, Carcasso : le suflixe indique une origine préceltique et peul-èlrc ibérique. 0. Déjà ancienne en 500; cf. t. I, p. 170, 182, 200.

7. Existe fiés 300, et certainement d'origine ligure : Desara, Aviénus, 591 ; lîr.Tappat;;, adjectif, sur les monnaies, n" 2432-43 ; IJaivipa ou HaiTTipa, Strabon, IV, 1, 0.

8. T. I, p. 175, n. 0 et p. 400. — .\joulez, comme localités anciennes de la côte : Celte, Maguelonne, Lattes, t. I, p. 175, ii. 0.

0. Qu'elle ait existé comme ville et ville importante avant les Romains, cela ino

Jui.i lAS — Ilisloirp lie la Oaulo. T. II. — 33

Ailleurs eu Gaule, dans l'Auvergne ou le Morvan par exemple, la ville ne faisait que compléter une défense naturelle, îlot montagneux ou palustre. Dans le I^nguedoc, la ville était, par ses remitarts mêmes, la protection unique et souveraine. C'est elle qui commande et qui défend ; elle est la vraie mère de la contrée. Et, comme ces villes s'échelonnaient régulièrement sur la même route, en gîtes d'étapes, places de trafic et lieux de garantie', elles devinrent toutes des centres de petits Etats, les foyers des habitudes et des .sentiments nés dans leur horizon. Elles ne di lieraient que par le degré de richesse qu'établissait leur situation commerciale. Aucune ne pouvait prétendre à des ambitions souveraines, si elle n'était appuyée par des forces étrangères. Qu'importait Narbonne à Toulouse et à Nimes? chacune valait sa voisine. — Quant aux montagnards d'en haut, intangibles dans leurs grottes et leurs bois, ils ne devaient reconnailic ijut' par inlcrnnllence la souveraineté des murailles de la plaine -'. — .Aussi, dès les temps celtiques et sans doute plus tôt encore \ le Languedoc était-il devenu une terre ;"i la fois de vie municipale et d'étroit cantonnement.

L'autre cause de son absence d'unité est que, de toutes les régions françaises, celle-ci touche le plus h des frontières : j'excepte la Flandre, qui, du fait de sa structure physicjue et de sa situation d'angle et de carrefour, produira plus tard des phénomènes sociaux et jioliticjues semblables à ceux du Lan|:nedoc gaulois*. Celui ci était, dans l'.Vnliquité, la marche du d<'hors : si

j.arnU r^sull» r «lo ce qu'en dit ï>Unluin (IV, 1, 12), et du fnit <|u\in y fait pns.sor ilrii-ulc (Pnrllu-iiius a;>. KtirDiir df ll,\7niirr. s. o.). Sur la fontaine de Minra, ri l'orifiiu' du nml ,\rm(iiLiu$, {. 1, p. 100, \M\ «1 177,

1. SUalxin (IV, 1. 0 roninriiuc que. do> Pyn'n <■•<•!» jusqu'nu llhrtne, 1 1

fleuve crlier n son |»orl \>iv» de l'eiiil durliure. cl il nie liuicinn (Castel i \

sur In Tel), lliherris lEInô sur le Treli , Bj^xiers sur l'Orb. Apde sur l'iiernuil. Il indique, mnis la ilépeiulance do Mnies (IV, t, 12), vinpl-qualro lK»urpadn» In» peuplées. Tuu» ces rrti<-eii;ii<-inenl9 me parais.«ent antérieurs h la colontMViOQ intensive des temps de Osar el d'Auguste.

2. Ils dépendent cependant des Volqnrt (cf. Slrnbon, IV, t, 13).

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