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PEUPLES RHODANIENS. 51T
On remarquera qu'entre l'Isère allobroge et les sommets du Yentoux et de Lure, il reste une large étendue de bois, de vallons et de montagnes : Yercors *, Diois et Baronnies, hautes vallées de la Drôme, de l'Aygues et de l'Ouvèze; et c'était l'arrière-pays naturel des Cavares ou des Tricastins. Cependant, il n'appartenait pas à ces peuples, du moins à l'époque où nous pouvons les connaître. Une nation particulière, celle des Voconces-, s'y était développée, le long de la route directe qui, par la Drôme et le col de Cabre, mène du Rhône à la haute Durance et au mont Genèvre^ Cette nation, sans avoir l'importance des trois autres, n'en était pas moins forte et riche, grâce aux nombreux recoins de terres arables que dissimulaient ses trois vallées principales*, et à la nature énergique de ses hommes. Là encore, point de capitale naturelle, mais des bourgades à mi-coteau, lieux de rendez-vous, de fêtes et de marchés ; Die, Vaison, Luc % qui doivent leurs noms à ces sanctuaires ou ces divinités rustiques auxquels les A^oconces, à demi ligures, restèrent profondément attachés ^
A l'est et à l'ouest des quatre États principaux du bassin rhodanien, de moindres peuplades gauloises s'enfonçaient dans
1. Verlacomacorii, pagus des Voconces (Pline, III, 124; cf. t. I, p. 291, n. 4).
2. Les Voconlii sont cités dans les Fastes Triomphaux, chez César (I, 10, 5i et Strabon (IV, 1, 3 et II). Mais Slrabon (IV, 1, 3) appelle à tort voconces les peuples riverains de la Durance, depuis le pays de Manosque jusqu'à l'entrée de 1 Embrunois : à moins que les Voconces ne se soient réellement étendus, pendant un temps, sur les pays de Sisleron et de Gap. — Long, Recherches sur les antiquités romaines du pays des Vocontiens, Mém. prés, par divers savants à l'Àc. des Inscr., Il* s., Il, 1849; Florian Vallentin, Essai sur les divinités indigètes du Vocontium, Grenoble, 1877 {Uull. de l'AcaJ. Delphinale).