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LA VALLÉE UE LA SEINE

encore, la Côte d*Or et la plaine dijonnaise *. Les Lingoiia occupaient donc quelques-uns des passages les plus utiles au commerce gaulois : ceux du plateau de Langres, par oïi se faisaient les portages entre le Midi et le Nord', et ce facile seuil de Lorraine où les affluents de la Saône méditerranéenne semblent se confondre avec la Meuse rhénane'. Aussi la bourgade principale des Lingons, Langres S fut-elle sur le plateau stratégique, triste et décharné, qui commande toutes ces routes : elle y « montait sa faction solitaire entre Champagne, Bourgogne et Lorraine » ^ Mais malgré leur apparence de bons soldats% les Lingons n'étaient point en ce temps-là un peuple de combats : ils entourèrent les Romains de mille prévenances, tout comme leurs voisins les Leuques et les Rèmes^ Ce coin de la Gaule a été celui des hommes qui n'ont demandé qu'à se soumettre. Le passage des marchands avait habitué les Lingons aux gens du Midi et aux choses pratiques. Bons agriculteurs, célèbres par leurs manufactures de drap-, ayant jadis joué un certain rôle dans les guerres d'extension ', ils paraissent, au temps de César, n'avoir plus que le désir de vivre tranquilles ou de s'enrichir '*.

Le rôle prépondérant sur le bassin de la Seine propre appartenait aux Sénons, « les Anciens » •' : et ils méritaient bien

1. Le pays de Dijon a toujours fait partie de la cité de Langres; cf. César, VU, GG, 2.

2. T. I, p. 25, 409, 411 ; t. II, p. 527, n. 2. Ce sont les routes suivies le plus souvent par César :fn.")8?(I, 37, 5, Langres, Besançon], en 57 (II, 2, 0, Ucsangon, Seveu.x, Langres), en 52 (VII, 9, 4, Mûcon, Langres, Sens), dans sa retraite de 52 (VII, 06, 2, LaniTcs, Dijon], etc.

3. La source de la Meuse est à moins d'une lieue de celle de l'Amance, aflluenl de la Saâno.

4. Andemanlunnum ou AnJemantanum, cf. C. I. L., XIII, p. 107 ; lloldcr, I, c. 14i-3.

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