César, I, 29, 1; cf. II, 4, 5-10; VII
10. Cf. Fustel de Coulanges, La Cité antique, 1. III, ch. 7, § 3,
Que L. répartition des groupes humains diiïcrât infiniment de ce qu'elle est aujourd'hui', cela va sans dire, et la suite de cette histoire montrera ces différences. Mais le total des habitants de la Gaule atteignait et dépassait sans doute le tiers de la population actuelle, la France n'était pas de beaucoup moins peuplée qu'au temps de Louis XIV- : c'étaient, à l'ouest du Ithin, de 20 à 30 millions d'hommes', qu'engendrait, portait et nourrissait une nature à peine moins clémente que la nôtre*.
1. La principale dilItTence entre l'état ancien et l'étal actuel est chez les Morins et Ménnpes de la Flandre et terres basses avoisinontes : il y a eu là une des plus prodigieuses traii.->rurinaiions de sol et d'cxislencc que nous constations en Europe (cf. p. 475).
2. On estimait la population de la France à plus de 24 millions sous Louis XVI : elle avait dii niipmenler depuis 1715 (cf. Levasseur, I, p. 191-218).
3. On peut alléguer en faveur de cette hypothèse ce qui suit. — 1* Les Helvètes. ' qui étaient 263 OUO (I, 29, 2), étaient divisés en 4 pogi (1. 12, 4), d'où une population moyenne do 6.5 750 hommes par pat/us; de même les Adunliques, qui ne sont qu'une tribu, renferment au moins 70 000 hommes (11, 4, 10) ; les Yérapres et les Sédunes, autres tribus, 30 000 coiiibaltnnls à elles deux, soit 60000 têtes chat une (111, 2, 1 et 6, 2) ; il y avait dans In Gaule environ un demi-millier de pagi (cf. t. I, p. 180), d'où nous pourrions conclure à une population totale de 30 millions au moins ; mais les tribus cilées ici peuvent avoir été particulièrement fortes. — 2* Diodore dit (d'après Posidonius, V, 25. I) que les jiius grandes nations gauloises ont une force de • presque ■ 200 000 soldais, àvôpwv, les plus petites de 50 000, ce qui fait une moyenne de 500 000 habitants par peuplade : il y avait, entre les Pyrénées et le Hhin, une soixantaine de vraies peuplades gauloises (cf. p. 21, n. 2\ au total 30 millions. Je reconnais que In moyenne de 500 OlM) est exagérée, mnis d'autre part, il faut ajouter à ces peuplades gauloises les tribus ligures et les A(|uitains. — 3" Les Hellovaques furent toxés en 52 (VII, 75, 3 et 5,i, comme contingent militaire, au dixième de leur elTectif militaire total (11, 4, 5) : si cette proportion a été conservée pour tous les peuples. les 275(KK) hommes votés ou secours d'Alésia correspondent à une population totale de onze millions pour les peu|>les représentés à ce siège : et c'étaient environ les deux tiers de toute la Gaule géographique : soit, pour la totalité, de 16 à 17 millions. — 4' La Gaule combattue par César correspondait aux 5/6 de la Gaule entre Pyrénées et Uhin : les Ancien» ont évalué ù 3 ou 4 millions d'hommes armés (Plut.. César, 15; Appien, C.elliea, 2), soit 12 ou 10 millions d'habitants, la population do ctttc partie, 15 ou 20 millions pour la totalité. — 5", 6", 7° Clu-z les Heilovaques. dans le Valais, d'une manière frénérale en Kelgique (p. 7), les chilTres particuliers annoncent une population égale ù la population actuelle. — 8° Chez les Lingons (p. 7, n. 4), à peu près À la moitié. — 9' Les peuples des cinq déportemenls du nord de la France ont en 57 livré 180 000 soldats (11, 4, 5, 7 et 9); parmi eux, les Heilovaques n'ont livré que 00 pour 100 de leur contingent possible; si cette proportion était la mémo chez les autres, ceux-ci auraient eu un eiïectif militaire de 3t)0 IKX) hommes, une population de 1200000; leur superflcie représente le vingtième de la (iaule, d'où 24 millions d'habitants pour celle-ci. — 10" Il fout, de plus, tenir compte de la population servile, qui parait en dehors des elTectifs militaires (cf. ilirtjus, VIII, 80, |i. — Le chiffre de vingt h trente miUionH resuite de ces moyenne».
i. Beloch (/î/i. iV., LIV, p. 4:32) a essayé d'évaluer la densité des différents terri-
Ces millions d'hommes n'avaient point tous la même origine; ils ne parlaient pas une langue commune, et on ne les désignait point par une seule appellation ^
Sur les frontières continentales, les populations ressemblaient autant à celles des contrées voisines qu'aux habitants de la Gaule intérieure. Depuis le bassin de Mayence jusqu'à la mer, il n'y avait pas de grandes différences entre les hommes des deux rives du Rhin^ Les Trévires de la Moselle se regardaient comme de souche transrhénane*; les bords de la Meuse et les clairières des Ardennes donnaient asile à des tribus qu'on disait germaniques, les Eburons et d'autres "; chez les Nerviens des bois de la Sambre et du Hainaut, on se faisait gloire d'une
toires d'après les chiiïres de conting-ents donnés par César (VII, 75) : les peuples les plus denses seraient les Parisiens, les Rutènes, les Torons, et, sans aucuQ doute, aussi les Bel!ovai|ues; les moins denses, les Armoricains elles Pictons. Mais il faut songer aux conditions particulières qui ont pu faire varier, d"ua peuple à l'autre, le rapport de l'armée à la population totale, par exemple, cliez les Pictons, l'alliance dune partie d'entre eux avec les Romains (Vlll, 20, 1).
1. Pour la situation et l'étendue des peuplades, déduites à la fois des textes, des noms de lieux (cf. p. 54, n. 2) et des limites des anciens diocèses, cf. Ortelius, Theatri orbis terrarum Parergon, éd. de 1624, f. xv-xviii; Sanson, Remarques sur la carte de l'ancienne Gaule, dans les Commentaires de César, trad. Perrot d'Ablancourt, 3' éd., 1658; Ph. Labbe, Pharus Galliœ anliquœ, Moulins, 1644 (voyez contre lui Sanson, In Pharum... disquisitiones, 1648); Valesius [Adrien de Valois], Aotitia Galliarum, 1675; [des Ours de .Mandajors], Nouvelles Découvertes sur l'état de l'ancienne Gaule, 1696 (trop hardij; d'Anville, N(Jlice de Vancienne Gaule, 1760; Walckenaer, Géographie des Gaules, 3 v., 1839; Diefenbach, Cellica, 2 v., 1839-40; Creuly, Carte de la Gaule sous le proconsulat de César, 1864 (Rev. arch.) ; Spruner et Menke, Atlas antiquus, pi. 19, 1868; Smith, etc., An Atlas of ancient Geography, 1875, pi. 12; Desjardios, 11 et III; Longnon : 1° Géogr. de la Gaule au VI' s., 1878; 2" Atlas historique de la France, 1883 (1884) et 1888, planches 1, 2 et 7-10; voyez aussi les préfaces aux différents chapitres du Corpus, XII et XIII. L'identité (sauf exceptions qui du reste confirment la règle) de la cité gauloise, de la cité romaine et du diocèse d'avant 1789, a été reconnue de très bonne heure par les érudils (Sanson, p. 15; de Marca, Ilist. de Béam, IGIO, p. 14; etc.). Pour la bibliographie du détail, cf. ch. XIV.